Galerie Diane de Polignac

Bernard Buffet

La goélette Gloria  1995
Huile sur toile
130 x 162 cm
Signé « Bernard Buffet » en haut à droite, daté « 1995 » en haut à gauche

[ prix sur demande ]

bernard buffet - la goelette gloria 1995

D’une immense culture artistique et doté d’une mémoire visuelle colossale, Bernard Buffet se réfère très souvent aux grands genres de la peinture classique dans ses œuvres.

Buffet s’intéresse notamment aux marines. Ce thème lui permet de rendre hommage à l’un de ses peintres favoris : Gustave Courbet (1819-1877).

Bernard Buffet compose ses œuvres de mémoire et non sur le motif. Pour ses paysages et architectures, l’artiste se réfère également à son importante collection de cartes postales. Il s’en inspire pour ses représentations réelles ou imaginaires, toujours peintes dans le secret de l’atelier.

Cette utilisation du modèle photographique le rapproche encore de Gustave Courbet. En effet, on sait que le chef de file du réalisme s’inspirait des photographies de Gustave Le Gray (1820 -1884) pour ses paysages.

Tout au long de l’Histoire de l’art, la marine devient essentiellement un support à la peinture d’Histoire.

La goélette Gloria, actuellement présentée à la galerie, se rapproche d’un genre ancien de marine, né à la fin du Moyen-âge, appelé « navire portrait ». Ce type de marine se concentre sur la représentation d’un seul bateau. Ce genre se développe et circule ensuite grâce à la gravure jusqu’au XXe siècle où Édouard Adam (1847-1929) devient un véritable portraitiste de navires. Ses peintures sont des commandes et donc des représentations les plus précises et exactes possibles. Le bateau est le seul sujet du tableau, comme pour La goélette Gloria, véritable représentation documentaire du navire.

Le genre du « navire portrait » représente la plupart du temps un bateau sans équipage. Cela nous permet de souligner la présence de silhouettes humaines dans La goélette Gloria ce qui est rare dans les œuvres de Bernard Buffet.

En effet, les paysages de Bernard Buffet se caractérisent habituellement par l’absence de personnage. Qu’ils s’agissent de rues ou de plages, les lieux sont vides de toute présence humaine. Buffet prend très tôt l’habitude de représenter ses vues sans aucune circulation humaine, probablement en souvenir d’une adolescence passée dans le Paris occupé soumis au couvre-feu.

Dans La goélette Gloria, des silhouettes humaines apparaissent sur le bateau, ce qui est un phénomène extrêmement rare dans le travail de cet artiste. Les personnages sont rapidement esquissés, suggérés, alors que le bateau en lui-même est beaucoup plus détaillé et travaillé, dans l’esprit d’un véritable portrait de navire.

La représentation de l’eau, en touches vives et épaisses, retranscrit parfaitement la sensation d’une mer agitée. Les effets de matière contrastent avec le traitement très graphique du bateau. Cette mer en mouvement rappelle les peintures de la période romantique que Bernard Buffet admire également. Le Radeau de La Méduse (1819) de Théodore Géricault (1791-1824) est véritablement l’emblème de cette période.

Apanage des grands maîtres, Bernard Buffet mêle ainsi avec virtuosité la citation picturale à son propre imaginaire pour créer des œuvres à la fois universelles, par leurs références à l’Histoire de l’art et uniques, par leur vocabulaire plastique totalement inédit.

© Galerie Diane de Polignac