Galerie Diane de Polignac

Le Corbusier

Sans titre – 1937
20 x 30 cm
Technique mixte sur papier
Signé et daté « Le Corbusier 37 » à gauche

[ prix sur demande ]

le corbusier - dessin peinture de 1937

Le Corbusier (1887-1965) (Charles-Édouard Jeanneret-Gris) est un architecte, artiste et auteur suisse naturalisé français. Bien qu’il soit surtout reconnu pour ses travaux d’architecture, les œuvres plastiques de Le Corbusier sont essentielles à son processus de création.

« C’est dans la pratique des arts plastiques que j’ai trouvé la sève intellectuelle de mon urbanisme et de mon architecture » confie Le Corbusier.

La première rencontre fondamentale dans le domaine des arts plastiques se fait à Vienne, avec Gustav Klimt. Le Corbusier collabore ensuite avec Amédée Ozenfant, avec lequel il développera le Purisme, et enfin avec Fernand Léger.

Le Corbusier peint et dessine tous les jours. Ses créations plastiques sont à la fois des œuvres à part entière, qu’il expose régulièrement, et des études pour des projets d’architectures, de peintures murales, de sculptures, de vitraux ou de tapisseries. Le Corbusier est un artiste pluriel pour qui le concept de « la synthèse des arts » est essentiel.

L’œuvre de 1937 présentée à la galerie est intéressante car elle se place dans un moment charnière dans l’œuvre de Le Corbusier. En effet, après le « Purisme » (1918-1928) et les « Objets à réactions poétiques » (1928-1932), Le Corbusier passe les années 1930 dans une période de réflexions et d’études qui donneront naissance à des peintures murales dans les années 1940, puis au « Brutalisme » dans les années 1950.

Pendant les années 1930, Le Corbusier mène ainsi des recherches systématiques, notamment sur les corps de femmes qui se déforment, se géométrisent et se recomposent. Le Corbusier est alors déjà un architecte de renommée internationale.

L’œuvre présentée à la galerie montre deux figures devant une porte blanche, ouverte sur un espace noir. L’architecture est donc présente dans cette œuvre et apporte un effet de perspective. On y retrouve également les couleurs vives, typiques de la période précédente des « Objets à réactions poétiques ». La souche de bois représentée de façon géométrisée à gauche de la composition, est également un héritage de cette période pendant laquelle Le Corbusier ramasse des objets dans la nature.

L’artiste expérimente ici le dessin des contours en un seul geste, inspiré par Matisse. Ce procédé sera appelé le « mariage des contours ». Le Corbusier dessine alors d’un seul trait le contour de deux objets ou de deux figures féminines. Il expérimente sur l’expression du volume non seulement en confrontant le clair et le sombre, mais aussi en confrontant deux surfaces colorées. Ses recherches le pousseront à l’utilisation des papiers découpés, là aussi dans la filiation du travail de Matisse.

L’œuvre de 1937 fait partie d’une série d’études autour du thème Figure devant une porte blanche. Cela montre le caractère expérimental de ce moment dans l’œuvre de Le Corbusier. Quelques œuvres de cette série sont conservées à la Fondation Le Corbusier.

Ces recherches sur la double figure, le contour en un seul geste et les aplats colorées seront concrétisées dans les années 1940 dans des peintures de chevalet, des peintures murales, et des tapisseries.

© Galerie Diane de Polignac / Mathilde Gubanski