Mark Tobey

« Un tableau doit être comme un tissu, une texture. C’en est assez ! J’ai peut être été influencé par ma mère. Elle cousait sans arrêt. » Mark Tobey

Les influences d’un père charpentier-maçon et d’une mère couturière ont nourri l’œuvre plurielle d’un artiste majeur protéiforme : peintre, poète, compositeur.

« Comme Kandinsky, Klee et Mondrian, Tobey voit la plus haute réalité des choses comme spirituelle plutôt que physique. » William Chapin Seitz

À la croisée du cubisme européen et de la peinture asiatique, l’œuvre de Mark Tobey est avant tout spirituelle, puisant ses ressources dans les religions et philosophies orientales : le zen et le bahaïsme qu’il découvre lors de ses voyages en Asie, au Proche et Moyen Orient.

Pionnier dans l’exploitation du signe en peinture, Tobey s’initie à la calligraphie chinoise notamment grâce à sa rencontre déterminante avec le peintre chinois Teng Kuei en 1923.

Formé à l’Art Institute of Chicago, Mark Tobey n’en est pas moins fondamentalement autodidacte, explorant les possibilités multiples du recours l’abstraction : avec Jackson Pollock, il est l’un des tout premiers à avoir exploité la technique novatrice du all over, dès 1944 avec ses white writings – ces surcouches de couleur blanche recouvrant totalement ses écritures calligraphiques – tendant par la suite vers des œuvres de plus en plus abstraites, en harmonie avec un mode de vie de plus en plus méditatif et contemplatif.

Proche du grand marchand Ernst Beyeler dont il est le voisin et l’ami, Mark Tobey a partagé sa vie entre les Etats-Unis et la Suisse.

En 1959, Mark Tobey est le premier artiste américain après James Whistler à obtenir le Grand Prix de Peinture à la Biennale de Venise.

« Son art, bien que sans prétention, n’en est pas moins un dialogue permanent avec l’esprit. Ce sont les Tables de la Loi dont l’écriture indéchiffrable nous émeut comme des messages émis d’un autre monde. » Michel Ragon

Collections publiques

Bâle, Kunstmuseum
Bruxelles, Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique
Londres, Tate Gallery
Los Angeles, The Museum of Contemporary Art (MOCA)
Madrid, Museo Nacional Centro de Arte Reina Sofia
New-York, Museum of Modern Art (MoMa)
New-York, Solomon R. Guggenheim Museum
San Francisco, Fine Arts Museums of San Francisco
Venise, Peggy Guggenheim Collection
Washington, National Gallery of Art
Washington, The Phillips Collection
Washington, Smithsonian American Art Museum

Expositions personnelles majeures

Painting and Sculpture by Living Americans exhibition, Museum of Modern Art (MoMa), New York, 1930-31
Rétrospective, Seattle Art Museum, Seattle, 1934
Mark Tobey retrospective, Whitney Museum of American Art, New York, 1951
American Painting, Tate Gallery, Londres, 1956
Rétrospective, Musée des Arts Décoratifs, Paris, 1961
Rétrospective, Museum of Modern Art, New York / Phillips Collection, Washington, 1962
Mark Tobey: Works 1933-1966, Rétrospective, Stedelijk Museum, Amsterdam, 1966
Rétrospective, Dallas Museum of Fine Arts, Dallas, 1968
Tribute to Mark Tobey, Smithsonian Institution, National Collection of Fine Arts, Washington / Seattle Art Museum, Seattle / City Art Museum, St. Louis, 1974-75
Rétrospective, Museo Nacional Centro de Arte Reina Sofía, Madrid, 1997-98
Mark Tobey, Staatsgalerie, Stuttgart, 2001

mark tobey

Résultat de recherche d'images pour

Mark Tobey : Threading Light
Musée Guggenheim à Venise
6 mai – 10 septembre 2017
Conservateur : Debra Bricker Balken

Nymphéas. L’abstraction américaine et le dernier Monet

Nymphéas. L’abstraction américaine et le dernier Monet
Du 13 avril au 20 août 2018
Musée de l’Orangerie – Paris

En 1955, Alfred Barr fait entrer au Museum of Modern Art de New York un grand panneau des Nymphéas (W1992) de Monet, alors que ces grandes « décorations » demeurées dans l’atelier de Giverny commencent à attirer l’intérêt des collectionneurs et musées.
Monet est alors présenté comme « une passerelle entre le naturalisme du début de l’impressionnisme et l’école contemporaine d’abstraction la plus poussée » de New York, ses Nymphéas mis en perspective avec les tableaux de Pollock, tels que Autumn Rhythm (number 30), 1950. La réception du dernier Monet s’opère alors en résonnance avec l’entrée au musée de l’expressionnisme abstrait américain. Au même moment est forgée la notion d’ »impressionnisme abstrait ».
C’est sur ce moment précis de la rencontre entre la redécouverte des grandes décorations du maître de Giverny et la consécration de l’École abstraite new-yorkaise que l’exposition du musée de l’Orangerie s’arrêtera, à travers une sélection de quelques œuvres tardives de Monet et une vingtaine de grandes toiles d’artistes américains tels que Jackson Pollock, Mark Rothko, Barnett Newman, Clyfford Still, Helen Frankenthaler, Morris Louis, Philip Guston, Joan Mitchell, Mark Tobey, Sam Francis, Jean-Paul Riopelle et Ellsworth Kelly.
A l’entrée des Nymphéas, un hommage sera rendu à Ellsworth Kelly, artiste américain abstrait disparu en 2015 et dont l’oeuvre ne cessa de dialoguer avec celle de Monet. Cet accrochage est conçu par Eric de Chassey avec le soutien des American Friends of the Musée d’Orsay and the Musée de l’Orangerie.

Commissaire général
Cécile Debray, conservateur en chef, directrice du musée de l’Orangerie

Plus d’informations