carmelo arden quin - portrait

Carmelo Arden Quin

(1913-2010)

Carmelo Arden Quin est un artiste uruguayen, chef de file du mouvement artistique Madí. Il est le principal pionnier du shaped canvas, le châssis découpé qui libère l’artiste du traditionnel châssis rectangulaire.

Pour recevoir des informations sur les œuvres disponibles de Carmelo Arden Quin,
merci de NOUS CONTACTER.

Biographie

Jeunesse et formation du peintre Carmelo Arden Quin

Carmelo Arden Quin (Carmelo Heriberto Alves) naît le 16 mars 1913 à Rivera en Uruguay. Son père est assassiné peu de temps avant sa naissance et Carmelo Arden Quin est élevé par sa mère et son oncle. Le peintre Carmelo Arden Quin montre rapidement des aptitudes pour l’art, notamment en vendant des petits kits colorés à ses camarades de classes dès l’âge de onze ans. Carmelo Arden Quin est alors initié à l’art par son oncle, lui-même peintre et sculpteur. Il reçoit également quelques cours de peinture dans son adolescence.

En 1934, Carmelo Arden Quin commence à travailler dans l’atelier de son oncle. Après avoir peint une première œuvre cubiste, Carmelo Arden Quin a l’idée de « réformer » la forme rectangulaire du tableau : prenant une paire de ciseaux, il commence à couper des morceaux de la bordure de sa peinture. Cette expérience sera le début d’une longue carrière d’innovation artistique. La même année, Carmelo Arden Quin quitte sa famille et Rivera pour s’installer à Montevideo.

Rencontre de Carmelo Arden Quin avec le peintre Joaquín Torres-García

En 1935, Carmelo Arden Quin assiste à une conférence à la Société Théosophique de Montevideo, dirigée par le peintre Joaquín Torres-García, fondateur du mouvement Universalismo. C’est à cette occasion que Carmelo Arden rencontre Joaquín Torres-García qui l’invite dans son atelier. Ce dernier influencera considérablement l’œuvre de Carmelo Arden Quin et le développement du mouvement Madí.

Voyage en Argentine de Carmelo Arden Quin

En 1937, le peintre Carmelo Arden Quin quitte son pays d’origine pour Buenos Aires. Carmelo Arden Quin se plonge immédiatement dans la culture de la ville. Comme à Montevideo, il rencontre des artistes et des militants politiques aux opinions similaires qu’il fréquente dans les cafés de Buenos Aires. Carmelo Arden Quin commence également à suivre des cours d’art à l’université.

À cette époque, Carmelo Arden Quin cherche à créer son propre mouvement artistique et à s’entourer de membres potentiels. À l’université, Carmelo Arden Quin noue une amitié forte avec le poète Edgar Bayley. Lors d’un bref voyage en Uruguay en 1939, il remarque aussi un jeune peintre nommé Rhod Rothfuss. Puis alors qu’il travaille dans une usine de crayons en 1940, Carmelo Arden Quin rencontre Fernando Fallik, un jeune immigrant hongrois, connu par la suite sous le nom de Gyula Kosice. Ce sont tous des talents qui contribueront aux efforts d’Arden Quin dans la création du mouvement Madí et de la revue Arturo.

La création de la revue Arturo

Au début des années 1940, l’artiste Carmelo Arden Quin remonte le fleuve Parána sur un bateau à vapeur jusqu’au Paraguay, à la recherche d’un emploi dans une dans une entreprise de café, et arrive à Asunción, la capitale du Paraguay. Ce séjour au Paraguay stimulera la créativité du peindre dont la production sera particulièrement prolifique.

À son retour, il écrit son premier manifeste et une partie importante d’un long poème en prose qui paraîtra dans son journal Arturo. De plus, il peint Les Formes Noires, une série de six tableaux, considérés comme les plus mystérieux de toute sa carrière.

Carmelo Arden Quin poursuit ses efforts pour fonder la revue Arturo, soutenu par de nombreux poètes et artistes. Au Brésil où il se rend, il rencontre la peintre Maria Elena Vieira da Silva et le poète Murilo Mendes qui contribuent au journal, ainsi que l’artiste Tomás Maldonado, jeune frère de son ami Edgar Bayley, qui réalisera la couverture du journal. Il obtient aussi l’appui de Joaquin Torres-García qui fournit un dessin, un essai et deux longs poèmes. Il reçoit également un poème du célèbre poète chilien Vicente Huidobro.

Arturo voit enfin le jour en 1944. Environ deux cent cinquante exemplaires du premier et unique numéro du journal ont été vendus à Buenos Aires. Bien que la revue ne connaisse pas immédiatement une reconnaissance dans le monde de l’art, son impact est néanmoins significatif. Le journal est une rupture provocante avec les styles d’avant-garde de l’époque. Il soutient que le sens et la signification doivent être rejetés au profit de la forme pure. La revue jettera les bases artistiques de toute une génération d’artistes latino-américains. Arturo sera aussi un jalon clé dans le développement du mouvement Madí.

La création du mouvement Madí

En 1945, Carmelo Arden Quin fonde le groupe Arte Concreto-invención et un an plus tard, Carmelo Arden Quin lance le mouvement Madí : MAtérialisme Dialectique, en collaboration avec d’autres artistes et amis tels Martín Blaszko, Rhod Rothfuss et Gyula Kosice. Les principales caractéristiques en sont : des cadres irréguliers, une architecture mobile, une composition musicale à intervalle de pan et des propositions poétiques inventées. Le mouvement Madí est un mouvement interculturel qui englobe alors la peinture, le design, la sculpture, l’architecture et les arts scéniques : danse et théâtre. Madí met également l’accent sur l’objet et les couleurs elles-mêmes, et non sur ce qui est perçu comme une représentation.

Le 3 août 1946, l’artiste peintre Carmelo Arden Quin présente ainsi son manifeste Madí à un groupe de critiques et de journalistes à l’Institut français de Buenos Aires. L’idée est de créer une réalité esthétique objective à travers des éléments artistiques objectifs. Manifeste et mouvement sont alors enracinés tant dans l’engagement politique de Carmelo Arden Quin que dans les idées artistiques et idéologiques de Joaquin Torres-García et du mouvement futuriste italien.

Cette annonce est suivie d’un festival de trois jours présentant l’art Madí. Carmelo Arden Quin produit alors de nouvelles créations dont un ensemble de mobiles intitulé Escultura Movil Suspendida, une sculpture en bois transformable Escultura Amovible et environ une demi-douzaine de pièces en formes galbées intitulées collectivement Cosmopolis, qui représente vaguement des vues aériennes de milieux urbains.

En 1947, le mouvement connaît une scission due à des divergences artistiques. En 1948, Carmelo Arden Quin s’installe pour la première fois à Paris. Après un séjour d’un an en Argentine en 1955, il s’installe définitivement dans la capitale française en 1956. À Paris, Carmelo Arden Quin poursuit ses recherches au sein du mouvement Madí. L’artiste peintre Carmelo Arden Quin décède à Paris en 2010.

Le Mouvement Madí aujourd’hui

Le mouvement Madí se poursuit encore aujourd’hui, représenté par des artistes de différents pays dont la France, la Hongrie, l’Uruguay, l’Espagne, le Japon, le Brésil et le Venezuela. En 2003, le Madí Museum and Gallery ouvre ses portes à Dallas. La collection permanente comprend vingt-cinq œuvres de Carmelo Arden Quin ainsi que des pièces de dix-huit autres artistes Madí issus des quatre continents.

Parmi les artistes du mouvement Madí, on compte Rhod Rothfuss, Juan Bay, Esteban Eitler, Diyi Laañ, Valdo Wellington, Rodolfo Uricchio, Gyula Kosice, Nelly Esquivel, JP Delmonte, Maria Bresler, Abraham Linenberg, Éva Bányász, Salvador Presta, Eduardo Sabelli, Nair Oliveira, Ana Maria Bay, Muñoz Cota, Jorge Rivera, Ricardo Humbert, Alberto Scopelliti, Lisl Steiner, Aldo Prior, Isa Muchnik, Ricardo Pereyra, Alberto Hidalgo, Grete Stern, Juan Carlos Paz et Ramon Melgar.

© Galerie Diane de Polignac

carmelo arden quin - portrait

Collections (sélection)

Collections (sélection)

Buenos Aires, Musée d’art moderne de Buenos Aires

Cholet, Musée d’Art et d’Histoire

Grenoble, Musée de Grenoble

Nantes, Musée des Beaux-Arts de Nantes

Expositions (sélection)

Expositions (sélection)

Galerie Charley Chevalier, Paris, 1973

Galerie Quincampoix, Paris, 1977

Galerie de la Salle, Saint-Paul-de-Vence, 1981

Madí, Espace Donguy, Paris, 1982

Madí, Galerie Franka Berndt, Paris, 1984

Face à la machine, Maison de l’Amérique Latine, Paris, 1984

Biennale de la Havane, 1986

Madí, Galerie Sincron, Brescia, 1986

Madí, Galerie Métamorphose, Paris, 1990

Arte Concreto Invencion, Arte MADI, Konstructive und Konkrete Kunst, Zurich, 1991

Art d’Amérique Latine 1911-1968, MoMA, New York, 1993

Arte Madí, Museo Nacional Centro de Arte Reina Sofía, Madrid, 1997

Arte Madí, Freie Geometri, Galerie Emilia Suciu, Ettlingen (Allemagne), 2001

SP ARTE, São Paulo, Brésil, 2006

Mouvement Madi International 1946, Maison de L’Amérique latine, Paris, 2008

Bibliographie (sélection)

Bibliographie (sélection)

Shelly Goodman, Carmelo Arden Quin : When Art Jumped out of its Cage, Dallas, Museum and Gallery Dallas, 2005

Alexandre de la Salle, Carmelo Arden Quin 1935-1958 catalogue raisonné, Éditions L’Image et la Parole, 2008

Galerie d’Art Diane de Polignac » Artistes » Carmelo Arden Quin