(1901-1985)
Jean Dubuffet est un peintre et sculpteur français. Théoricien de l’Art brut, il est l’un des artistes majeurs du XXe siècle.
Pour recevoir des informations sur les œuvres disponibles de Jean Dubuffet,
merci de NOUS CONTACTER.
Jean Dubuffet naît le 31 juillet 1901 au Havre de parents négociants en vin. Il entre en 1908 au lycée François Ier du Havre. Pendant ses études secondaires, il rencontre les futurs écrivains Georges Limbour, Armand Salacrou et Raymond Queneau. En 1917, Jean Dubuffet s’inscrit aux cours du soir de l’École des beaux-arts du Havre. Il obtient son baccalauréat l’année suivante et se rend à Paris avec son ami Georges Limbour. Dubuffet suit les cours de l’Académie Julian pendant six mois seulement, préférant travailler seul. Il installe alors son atelier au 37, rue de la Chaussée d’Antin. Il fréquente les peintres Suzanne Valadon, Élie Lascaux et les écrivains Max Jacob et Charles-Albert Cingria. Jean Dubuffet rend également visite à Raoul Dufy dans son atelier. En 1920, Dubuffet séjourne à Alger avec ses parents. De retour à Paris, il s’isole beaucoup et choisit d’étudier la littérature, les langues et la musique. Jean Dubuffet cherche sa voie : « Je cherchais “l’Entrée”. Or ça n’allait pas ; j’avais l’impression que je n’étais pas adapté à ma condition humaine […] j’avais à l’arrière-plan comme une angoisse que tout cela ne pesait pas lourd. » Dubuffet fréquente l’atelier d’André Masson pendant l’année 1922. L’année suivante, il séjourne à Lausanne chez son ami l’écrivain Paul Budry. Il visite ensuite l’Italie, puis fait son service militaire. La même année, Jean Dubuffet rencontre les peintres Fernand Léger et Juan Gris, ainsi que le marchand Kahnweiler.
À partir de 1924, Jean Dubuffet arrête de peindre pendant huit ans. Il doute de la valeur de la culture, convaincu que l’art occidental est étouffé par les références académiques : « Quand viennent s’installer les estrades pompeuses de la culture, sauvez-vous vite : l’art a peu de chance d’être de ce côté ». Cette année-là, Jean Dubuffet qui décide d’abandonner la peinture pour le commerce, séjourne à Buenos Aires pendant quatre mois puis retourne au Havre où il travaille avec son père qui décède en 1927. La même année, Dubuffet se marie avec Paulette Bret ; ils auront une fille (Isalmina) deux ans plus tard. En 1930, Jean Dubuffet fonde à Bercy un négoce de vins en gros. Après un voyage en Hollande en 1932, le goût de la peinture lui revient et il loue un atelier rue du Val-de-Grâce où il va travailler tous les après-midis. Dès 1934, Jean Dubuffet met son commerce en gérance pour se consacrer à la peinture. Il installe son nouvel atelier au 34, rue Lhomond et y expérimente de nouvelles formes d’expression. Il se lance dans la fabrication de marionnettes et de masques sculptés. Dubuffet et sa femme se séparent et l’artiste rencontre Émilie Carlu qu’il épousera en 1937. Le peintre Dubuffet doit reprendre la direction de son commerce pour le sauver de la faillite et abandonne une nouvelle fois la peinture. En 1939, l’artiste est mobilisé au ministère de l’Air à Paris et bientôt il est envoyé à Rochefort pour indiscipline. Il se réfugie à Céret où il est démobilisé et il reprend ses affaires à Paris en 1940. Le critique d’art Gaëtan Picon dit de Jean Dubuffet qu’il est alors un peintre « quasi clandestin ». Dubuffet décide pour la troisième fois de se consacrer exclusivement à la peinture en 1942 : il ne cessera plus de peindre.
Jean Dubuffet installe son atelier au 114 bis rue de Vaugirard et peint des tableaux et des gouaches.
L’artiste s’éloigne alors du souci de réalisme de ses tableaux précédents. Gaëtan Picon voit dans les personnages des tableaux de Jean Dubuffet « des esprits dressés au seuil de l’œuvre pour en annoncer l’esprit […] ce sont de hauts pavois marqués de son signe ». En 1943, son ami Georges Limbour achète à Dubuffet une œuvre et le présente au critique d’art Jean Paulhan, grâce auquel Dubuffet participe à l’exposition Le Nu dans l’art contemporain à la Galerie René Drouin. Il rencontre alors les poètes Pierre Seghers, Louis Parrot, Paul Éluard, André Frénaud, Eugène Guillevic et Francis Ponge, ainsi que le peintre Jean Fautrier et les écrivains René de Solier et Marcel Arland.
Les expositions Mirobolus, Macadame et Cie et Hautes Pâtes présentées à la Galerie René Drouin entre 1944 et 1947 provoquent la controverse. Dubuffet répond aux détracteurs : « Il est vrai que la manière du dessin est, dans ces peintures exposées, tout à fait exempte d’aucun savoir-faire convenu comme on est habitué à le trouver aux tableaux faits par des peintres professionnels, et telle qu’il n’est nullement besoin d’aucunes études spéciales, ni d’aucuns dons congénitaux pour en exécuter de semblables (…). Il est vrai que les tracés n’ont pas été exécutés avec soin et minutie mais donnent au contraire l’impression d’une négligence (…). Enfin il est vrai que beaucoup de personnes éprouveront d’abord, au vu de ces tableaux, un sentiment d’effroi et d’aversion. » Jean Dubuffet a en effet une véritable volonté anti-culturelle. Ses œuvres sont inspirées par les dessins d’enfants et de malades mentaux dont il est un grand collectionneur. Dubuffet ne cherche pas à plaire ni à vendre, la fortune familiale le mettant à l’abri du besoin. Jean-Louis Ferrier et Yann Le Pichon racontent dans L’Aventure de l’art au XXe siècle : « La première exposition marquante dans Paris libéré à la galerie Drouin est celle d’un artiste inconnu, Dubuffet, dont la maladresse délibérée provoque un scandale tel qu’on n’en avait pas vu depuis longtemps. La galerie reçoit des lettres anonymes, le livre d’or est couvert d’insultes. »
En 1945 le marchand newyorkais Pierre Matisse rend visite au peintre Jean Dubuffet qui expose alors ses lithographies à la Galerie André à Paris. La même année, Dubuffet rencontre l’écrivain Henri Michaux. En 1946, Jean Dubuffet expose pour la seconde fois à la Galerie René Drouin et publie Prospectus aux amateurs de tout genre chez Gallimard.
Dubuffet, poussé par ses positions anti-culturelles, s’intéresse à de nouvelles formes d’art en dehors de toute production officielle. Il voyage ainsi en France et en Suisse à la recherche d’œuvres marginales et le terme « Art Brut » apparait alors pour la première fois. Deux ans plus tard le sous-sol de la Galerie René Drouin, place Vendôme, devient le Foyer de l’Art Brut. Le lieu accueille des expositions des artistes Adolf Wölfli, Fleury Joseph Crépin, Aloïse Corbaz, Henri Salingardes, Auguste Forestier, Juva et Miguel Hernandez. En automne 1948, le Foyer de l’Art Brut est transféré dans un pavillon prêté par l’éditeur Gaston Gallimard et devient la Compagnie de l’Art Brut. Ses membres fondateurs sont le peintre Jean Dubuffet, les écrivains André Breton, Jean Paulhan et Michel Tapié, les marchands d’art Charles Ratton et Henri-Pierre Roché et le mécène Edmond Bomsel. Le peintre Slavko Kopac devient le conservateur de la collection. En 1947 Dubuffet est représenté par la Pierre Matisse Gallery à New York qui l’exposera régulièrement jusqu’en 1959. En 1949, la Galerie René Drouin expose 200 œuvres d’Art brut de 60 artistes différents. Jean Dubuffet écrit le texte pour le catalogue d’exposition intitulé L’Art Brut préféré aux arts culturels et y définit la notion d’Art brut : « Nous entendons par là des ouvrages exécutés par des personnes indemnes de culture artistique, dans lesquels donc le mimétisme, contrairement à ce qui se passe chez les intellectuels, ait peu ou pas de part, de sorte que leurs auteurs y tirent tout (sujets, choix des matériaux mis en œuvre, moyens de transposition, rythmes, façons d’écriture, etc. ) de leur propre fond et non pas des poncifs de l’art classique ou de l’art à la mode. Nous y assistons à l’opération artistique toute pure, brute, réinventée dans l’entier de toutes ses phases par son auteur, à partir seulement de ses propres impulsions. De l’art donc où se manifeste la seule fonction de l’invention, et non, celles, constantes dans l’art culturel, du caméléon et du singe. »
La Compagnie de l’Art Brut est dissoute en 1951, et la collection est expédiée chez le peintre Alfonso Ossorio à Long Island près de New York. Elle y restera jusqu’en 1962 où Jean Dubuffet achète un immeuble au 137 rue de Sèvres (actuel emplacement de la Fondation Dubuffet) et y installe la collection. Elle comprend environ 1200 œuvres d’une centaine d’artistes différents. Le peintre Dubuffet enrichit cette collection d’une centaine d’œuvres également. Slavko Kopac est de nouveau le conservateur de la collection et la Compagnie de l’Art Brut est reconstituée. Les recherches sur l’Art brut se multiplient, les premiers écrits paraissent et le nombre d’œuvres augmente. En 1967, le Musée des Arts Décoratifs de Paris présente une sélection de 700 œuvres dues à 75 artistes. Afin d’assurer un statut définitif à la collection, Jean Dubuffet en fait don à la municipalité de Lausanne en 1972 qui la transfère en 1975 au château de Beaulieu aménagé à cet effet. La collection rassemble alors plus de 4 200 œuvres de 145 artistes différents. Jean Dubuffet ne mêlera jamais ses propres œuvres à cette collection : il en est l’inventeur et le théoricien. De nos jours, 30 000 œuvres font parties de cette collection d’Art brut.
En 1947, Jean Dubuffet expose à la Galerie Renée Drouin des portraits de ses amis : Jean Paulhan, Georges Limbour, Paul Léautaud, Jean Fautrier, Henri Michaux, Antonin Artaud, Michel Tapié et bien d’autres. L’écrivain surréaliste André Pieyre de Mandiargues dit à propos de cette série : « Faisant le portrait de ses amis avec une manière de tendresse barbare, il les colle au mur ! Inscrit comme d’une pointe de clou dans le plâtre enfumé, ce sont les meilleurs portraits des temps modernes. » Pour Dubuffet, le portrait ne doit pas viser la ressemblance des traits physiques, mais devenir l’effigie d’une personne.
Entre 1947 et 1949, Dubuffet séjourne trois fois dans le désert du Sahara, notamment à El Goléa en Algérie. L’artiste veut y faire « table rase » pour parachever son « déconditionnement ». Dubuffet y peint beaucoup, notamment des paysages à l’huile et des carnets de croquis dont il donne une partie au MoMA de New York.
En 1951, la Galerie Rive Gauche présente la première rétrospective de Jean Dubuffet. L’artiste peint sa série des Paysages du Mental : « J’ai eu l’impression que certaines de ces peintures aboutissaient à des représentations qui peuvent frapper l’esprit comme une transposition du fonctionnement de la machinerie mentale […]. C’est pourquoi je les ai dénommées Paysages mentaux. Dans de nombreux tableaux de ce groupe, j’ai par la suite, oscillé continuellement entre le paysage concret et le paysage mental, me rapprochant tantôt de l’un, tantôt de l’autre. »
Dubuffet séjourne six mois à New York et se lie d’amitié avec Yves Tanguy. Il expose aux Arts Club de Chicago où il prononce, en anglais, son allocution Anticultural Positions. Il rentre à Paris l’année suivante et y peint sa série des Pâtes Battues. Il explique sa façon de peindre ces œuvres : « La technique consistait à caresser légèrement le tableau après qu’il était sec, d’un large pinceau plat, avec des tons, dorés, bistres, qui liaient le tout. Le pinceau ainsi frotté légèrement n’accroche que les reliefs, tout en laissant un peu fuser les couleurs de la peinture antérieure. (…) Ce n’est pas une seule fois que j’avais à promener mon large pinceau sur le tableau, mais plusieurs. (…) de tout cela, résultait un fin poudroiement doré, comme ombreux, alimenté de l’intérieur d’une bizarre lumière (…). »
En 1953, René Drouin et Pierre Matisse éditent le livre écrit par Georges Limbour L’Art Brut de Jean Dubuffet – Tableau bon levain à vous de cuire la pâte. En 1954, Dubuffet crée ses premières sculptures, assemblages de petites dimensions de matériaux divers, qu’il expose à la Galerie Rive-Gauche.
L’année suivante, Dubuffet et sa femme s’installent à Vence. Le peintre raconte : « À la fin de janvier 1955, les médecins préconisant pour ma femme l’habitat de Vence, je m’y transportai avec elle. J’eus quelque peine à y trouver un local approprié à mes travaux. Ne disposant d’abord que d’un petit atelier très exigu, j’y organisai un chantier d’assemblages d’empreintes à l’encre de Chine. » L’artiste y travaille toujours ses assemblages d’objets et en 1957 ses recherches aboutissent aux séries : Topographies, Texturologies, Matériologies, Aires et sites. Ces œuvres sont également confrontées à l’incompréhension du public. Le galeriste Daniel Cordier raconte : « De toutes les recherches que Jean Dubuffet effectua, la série des Texturologies et des Matériologies est celle qui suscita le maximum de défiance et de quolibets. C’est peut-être parce qu’elle marquait le point ultime (et peut-être le plus accompli) de ses expériences sur le regard et sur les choses. (…) Dubuffet avait enfin fabriqué ce qu’il avait toujours souhaité : des machines à rêver avec des nappes de poussière indistinctes. Avec les Texturologies, il atteignait les sommets de la plus aride, mais aussi de la plus poétique abstraction. À l’opposé, avec les Matériologies, il révélait les vertus interloquantes du concret élémentaire. » En 1960, une importante rétrospective lui est consacrée au Musée des Arts décoratifs de Paris. Dubuffet est de nouveau « l’unique artiste par qui le scandale arrive encore » selon les mots de Gaëtan Picon.
Jean Dubuffet connaît sa première exposition à Londres à l’Institute of Contemporary Arts en 1955, puis une rétrospective en 1958 à la Arthur Tooth Gallery. Il bénéficie aussi d’une première rétrospective en Allemagne cette année-là, à Leverkusen. Entre Vence et Paris, Dubuffet se lie d’amitié avec l’artiste Philippe Dereux, le galeriste Alphonse Chave et l’écrivain Alexandre Vialatte.
En 1961, Dubuffet se lance dans des expériences musicales d’abord avec l’artiste Cobra Asger Jorn, puis seul. C’est également la période de sa série Paris Circus. Son œuvre graphique est exposée au Silkeborg Museum au Danemark et un catalogue raisonné est publié. En 1962, Dubuffet a la joie d’obtenir sa première rétrospective à New York au MoMA. Cette exposition voyage l’année suivante à Chicago et à Los Angeles.
Jean Dubuffet crée pendant l’été 1962 une série de dessins aux stylos-billes rouges et bleus accompagnés de textes dans un jargon imaginaire. Ces œuvres sont rassemblées dans un petit livre qui donnera son titre au cycle de l’Hourloupe (1962-1974), cycle le plus long dans l’œuvre de Dubuffet. « Le mot Hourloupe était le titre d’un petit livre publié récemment et dans lequel figuraient, avec un texte en jargon, des reproductions de dessins aux stylos-billes rouges et bleus. Je l’associais, par assonance, à “hurler”, “hululer”, “loup”, “Riquet à la Houppe” et le titre “Le Horla” du livre de Maupassant inspiré d’égarement mental » explique Dubuffet. Dans ce cycle, l’artiste crée des tableaux qui sont des assemblages de dessins découpés. À propos de ces œuvres, le peintre précise qu’il ne s’agit pas de « collages comme ceux des mouvements dada, surréalistes, et cubistes qui consistaient à juxtaposer des éléments de rencontre (…) des objets non faits par les artistes eux-mêmes et destinés à une utilisation tout autre qu’artistique. L’effet visé résultait précisément du caractère tout à fait non-artistique de ces objets et de la surprise provoquée par leur utilisation dans une œuvre d’art. Mes assemblages procédaient d’un esprit tout différent puisqu’il s’agit de tableaux formés de morceaux prélevés dans des peintures préalablement faites par moi-même à cette destination. » Toujours dans le cycle de L’Hourloupe, Dubuffet réalise des architectures qui sont des « sculptures habitables ». Il explique : « J’ai été saisi après par le désir de ne plus seulement faire face aux peintures tout en maintenant les pieds sur le rivage de la vie quotidienne, mais d’abandonner ce rivage, d’entrer dans les images, de les habiter. Il en est résulté des sortes d’architectures allusives et figuratives, des architectures imaginaires somme toute et qui ne sont pas de vraies architectures, mais plutôt des images constituées en un habitat. On se voit dans celles-ci entouré totalement de ses productions mentales et on peut en faire son exclusif aliment. » Son cycle de l’Hourloupe comprend des toiles, des encres de couleurs, des sculptures et des assemblages.
Le peintre Dubuffet s’intéresse aux œuvres en volumes, ce qu’il appelle ses « peintures monumentées ». Ce sont d’abord des objets : chaises, téléphones, arbres meubles à tiroir, tables ; puis des bâtiments : La Tour aux figures (classée monument historique), le Castelet l’Hourloupe, Château bleu et Jardin d’hiver (conservée au Centre Pompidou à Paris). Dans cette volonté de « sortir de l’image », Dubuffet apprend à maîtriser le polystyrène, le polyester, l’époxy et le béton projeté. En 1967, Dubuffet entreprend la construction du cabinet logologique : la Closerie Falbala, qui après avoir été présentée à Chicago, Bâle et Paris, sera installée à la Villa Falbala, elle-même construite pour l’y abriter à Périgny-sur-Yerres en Île de France. L’année suivante Dubuffet commence la réalisation du Groupe des quatre arbres, commandé par David Rockefeller de la Chase Manhattan Bank de New York, pour décorer la Chase Manhattan Plaza. Ce sont des sculptures en époxy inaugurées en 1972.
Toujours au sein du cycle de l’Hourloupe, Dubuffet crée Coucou Bazar : un ballet de sculptures, de peintures et de costumes. Ce « tableau animé » est présenté pour la première fois à l’occasion d’une rétrospective de ses œuvres au musée Solomon R. Guggenheim de mai à juillet 1973, puis au Grand Palais à Paris la même année. La musique est de İlhan Mimaroğluu, compositeur turc de musique électronique et la chorégraphie de Jean McFaddin.
En 1964, Dubuffet montre ses œuvres récentes lors de la Biennale de Venise. La même année est publié le Catalogue Intégral des travaux de Jean Dubuffet. Ce catalogue regroupe aujourd’hui 38 fascicules dont chacun présente un ensemble d’œuvres appartenant au même cycle. Les œuvres présentées vont de 1917 à 1985. En 1966, deux rétrospectives de Dubuffet sont organisées aux États-Unis : à Dallas et à Minneapolis, une rétrospective est montée à Londres à la Tate Gallery et une rétrospective est présentée à Amsterdam au Stedelijk Museum. Le Solomon R. Guggenheim Museum de New York expose ses œuvres de l’Hourloupe.
L’année suivante, Dubuffet fait don de 180 œuvres au Musée des Arts décoratifs de Paris et les éditions Gallimard publient les deux premiers tomes de Prospectus et tous écrits suivants. Les deux derniers tomes seront publiés en 1995. Une première rétrospective de Dubuffet est montrée au Canada, au Musée des beaux-arts de Montréal. L’année suivante sont organisées deux importantes expositions à Bâle, au Kunstmuseum et à la Kunsthalle. En 1972, le Musée d’Art moderne de Paris lui organise une exposition personnelle. La Fondation Dubuffet est créée l’année suivante. Le Jardin d’émail est inauguré au Musée Kröller-Muller à Otterlo aux Pays-Bas en 1974. Deux ans plus tard, la Fundación Juan March à Madrid organise la première rétrospective de Dubuffet en Espagne. En 1978, FIAT organise à Turin une projection lumineuse de peintures, une exposition et une troisième représentation de Coucou Bazar. La même année, une rétrospective est organisée au Havre au Musée des beaux-arts et une première exposition personnelle au Japon est présentée à la Fuji Television Gallery à Tokyo. En 1980, une rétrospective itinérante est présentée à la Akademie der Kunst à Berlin, puis au Moderner Kunste Museum à Vienne et enfin au Joseph Haubrich Kunsthalle à Cologne l’année suivante. Pour le 80ème anniversaire du peintre Dubuffet, le Solomon R. Guggenheim Museum de New York et le Centre Pompidou de Paris présentent chacun une exposition personnelle de l’artiste. Dubuffet inaugure le Manoir d’Essor pour le Louisiana Museum de Humlebæk au Danemark en 1982. La même année une rétrospective est présentée au Seibu Museum of Art à Tokyo. Cette exposition voyage ensuite à Osaka au National Museum of Art. En 1983, Dubuffet inaugure à Houston son Monument au fantôme commencé en 1977, puis il inaugure le Monument à la bête debout à Chicago en 1984. Le pavillon français de la Biennale de Venise lui est consacré cette année-là. La Fondation Dubuffet organise pour la première fois une exposition en Suède au Malmö Konsthall. Fin 1984, Dubuffet décide d’arrêter de peindre et rédige sa Biographie au pas de course en 1985. Jean Dubuffet meurt le 12 mai 1985 à Paris.
© Galerie Diane de Polignac / Mathilde Gubanski
Collections Publiques (sélection)
Amsterdam, Stedelijk Museum
Bâle, Kunstmuseum
Bâle-Riehen, Fondation Beyeler
Berlin, National Galerie
Buffalo, Albright-Knox Art Gallery
Canberra, Australian National Gallery
Chicago, Art Institute
Cologne, Ludwig Museum
Dallas, Museum of Fine Arts
Detroit, Insitute of Art
Düsseldorf, Kunstsammlung Nordrhein Westfalen
Eindhoven, Stedelijk Van Abbemuseum
Frankfort, Staedel Museum
Ginals, Abbaye de Beaulieu
Grenoble, Musée d’Art moderne
Hakone, Open Air Museum
Hanovre, Kunstmuseum
Hovikodden, Fondation Sonja Henie & Nils Onstad
Humlebaek, Louisiana Museum
Les Sabes d’Olonne, Musée de l’Abbaye-Sainte-Croix
Londres, Tate Modern
Lyon, Musée des beaux-arts
Marseille, Musée Cantini
Melbourne, National Gallery of Victoria
New York, Solomon R. Guggenheim Museum
New York, Museum of Modern Art
New York, Metropolitan Museum of Art
Oberlin, Allen Memorial Art Museum
Paris, Musée national d’Art moderne, Centre Georges Pompidou
Paris, Musée des Arts décoratifs
Rotterdam, Museum Boymans
Saint-Etienne, Musée d’Art Moderne La Terrasse
Saint Louis, City Art Museum
Stockholm, Moderna Museet
Tel-Aviv, Museum of Art
Tokyo, Musée d’Art occidental
Washington D.C, Hirschhorn Museum & Sculpture Garden
Washington D.C, National Gallery of Art
Zürich, Kunsthaus
Expositions (sélection)
Galerie René Drouin, Paris, 1944, 1946, 1947, 1954
Pierre Matisse Gallery, New York, 1947, 1948, 1950, 1951, 1952, 1954, 1956, 1958, 1959, 1978, 1981
Galerie Geert van Bruaene, Bruxelles, 1949
Galerie Rive-Gauche, Paris, 1951, 1954, 1956
Arts Club of Chicago, Chicago, 1951
Galerie La Hune, Paris, 1953, 1958, 1964, 1967, 1979, 1985
Galerie Blanche, Stockholm, 1954
Institute of Contemporary Arts, Londres, 1955, 1966
Frank Perls Gallery, Beverly Hills, 1956, 1964
Museum Schloss Morsbroich, Leverkusen, 1957
Galleria del Naviglio, Milan, 1958, 1964, 1961
Arthur Tooth & Sons Gallery, Londres, 1958, 1960
Galerie Daniel Cordier, Frankfort, 1958, 1961
Galerie Daniel Cordier, Paris, 1959, 1960, 1962
Stedelijk van Abbemuseum, Eindhoven, 1960
Stedelijk Museum, Amsterdam, 1960, 1964, 1966, 2017
Kunsthaus, Zurich, 1960
Musée des Arts décoratifs, Paris, 1960, 1967, 1968, 1976, 1978, 1991, 2013
Silkeborg Museum, Silkeborg, 1961
Museum of Modern Art, New York, 1962, 1968, 1972, 2014
Art Institute of Chicago, Chicago, 1962, 1970
Los Angeles County Museum of Art, Los Angeles, 1962
Galleria del Cavallino, Venise, 1962, 1964
Robert Fraser Gallery, Londres, 1962, 1964, 1966
Donald Morris Gallery, Detroit, 1964, 1974
Makler Gallery, Philadelphia, 1964, 1968, 1977
Philadelphia Museum of Art, Philadelphia, 1964
Galerie Claude Bernard, Paris, 1964, 1978
Galerie Jeanne Bucher, Paris, 1964, 1966, 1967, 1968, 1971, 1982, 1984, 1986, 1987, 1989, 1991, 2006, 2009
Galerie Beyeler, Bâle, 1965, 1968, 1975, 1976, 1985, 1988, 2009
Galerie Rudolf Zwirner, Cologne, 1965, 1977, 1979, 1980
Staatliche Graphische Sammlung, Munich, 1966, 1983
Museum of Fine Arts, Dallas, 1966
Walker Art Center, Minneapolis, 1966, 1973
Scottish National Gallery of Modern Art, Edinburgh, 1966
Tate Gallery, Londres, 1966
Museum of Contemporary Art, Nagaoka, 1966
Solomon R. Guggenheim Museum, New York, 1966, 1973, 1974, 1981
Svenk-Franska Konstgalleriet, Stockholm, 1967
Stephen Hahn Gallery, New York, 1967, 1972
Fondation Maeght, Saint Paul de Vence, 1967, 1985
Pace Gallery, New York, 1968, 1969, 1971, 1972, 1973, 1975, 1977, 1979, 1980, 1982, 1984, 1987, 2012, 2013, 2018
Galerie Daniel Gervis, Paris, 1969, 1977, 1992
Museum of Modern Art, San Francisco, 1969
Musée des Beaux-Arts, Montréal, 1969
City Art Museum, St. Louis, 1970
Öffentliche Kunstmuseum, Bâle, 1970
Musée d’Art moderne de Paris, Paris, 1970
Musée National d’Art moderne, Centre Georges Pompidou, Paris, 1970, 1975, 1981, 1985, 1988, 2001
Waddington Galleries, Londres, 1972, 1975, 1980, 1981, 1983, 1985, 1987, 1990, 1994, 1999, 2000, 2018
Städtische Kunsthalle, Düsseldorf, 1972
Galeries nationales du Grand Palais, Paris, 1973
Delaware Art Museum, Wilmington, 1974
Kroller Muller Museum, Amsterdam, 1974
Stadtische Kunsthalle, Düsseldorf, 1974
Museum of Art, Carnegie Institute, Pittsburgh, 1974
Fundación Juan March, Madrid, 1976
Hokin Gallery, Palm Beach, 1977, 1979, 1983, 1989
Musée des beaux-arts André Malraux, Le Havre, 1977, 1985, 2001
Bündner Kunstmuseum Chur, Coire, 1977
Badischer Kunstverein, Karlsruhe, 1977
Karl Ernst Osthaus Museum, Hagen, 1977
Galerie Valeur, Nagoya, 1977
Birmingham Museum of Art, Alabama, 1978
Indianapolis Museum of Art, Indiana, 1978
Fuji Television Gallery, Tokyo, 1978
Sammlung Neuerburg, Walraf-Richartz Museum, Cologne, 1980
Akademie der Künste, Berlin, 1980
Museum Moderner Kunste, Vienne, 1980
Josef-Haubrich-Kunsthalle, Cologne, 1980
Galerie Wildenstein, Tokyo, 1981
Palazzo Medici-Riccardi, Florence, 1981
Seibu Museum of Art, Tokyo, 1982
National Museum of Art, Osaka, 1982, 1993
Kunstmuseum, Hanover, 1983
Kunsthalle, Tübingen, 1983
Galerie Baudoin Lebon, Paris, 1983, 1988, 1991, 1995
Galerie Steinek, Vienne, 1983, 1987
Malmö-Konsthall, Malmö, 1984, 1985
Biennale de Venise – Pavillon français, Venise, 1984
École des Beaux-Arts, Paris, 1985
Galerie Alphonse Chave, Vence, 1985, 1995
James Goodman Gallery, New York, 1985, 1988, 2015
Elkon Gallery, New York, 1986, 1991, 2007
Peggy Guggenheim Collection, Venise, 1986
Gatodo Gallery Takeshiba, Tokyo, 1986
Contemporary Art Gallery, Tokyo, 1988
Amos Anderson Konst-museum, Helsinki, 1988
Henie-Onstad Kunstsenter, Høvikkodden, 1988
Landau Beaux-Arts, Montréal, 1988
Krannert Art Museum, Champaign, 1989
The Detroit Institute of Arts, Detroit, 1989
The William Benton Museum of Art, Storrs, 1989
The Museum of Modern Art, Fort Worth, 1989
Ludwig Museum, Cologne, 1989
Galleria Nazioinale d’Arte Moderna, Rome, 1989
Fondation Dubuffet, Paris, 1989, 1990, 1991, 1992, 1993, 1994, 1995, 1996, 2001, 2006, 2013, 2015
Musée d’Art moderne, Saint Etienne, 1990, 2002
Galerie nationale du Jeu de Paume, Paris, 1991
Museo de Bellas Artes, Bilbao, 1991, 2000
Musée des beaux-arts, Angers, 1991
Musée d’Art moderne, Villeneuve d’Ascq, 1991, 2005
Musée d’Art moderne, Toulouse, 1991
Musée d’Art moderne et d’Art contemporain, Nice, 1991
Fondation Pierre Gianadda, Martigny, 1992, 1993
Hirshhorn Museum and Sculpture Garden, Washington, D.C, 1993
Institut Français, Prague, 1993
Kunst Haus, Vienne, 1995
Musée national de Peinture et de Sculpture, Ankara, 1995
Musée du Touquet, Le Touquet, 1995
Gana Art Gallery, Seoul, 1995
Pace Wildenstein, New York, 1996, 2008
Centre Culturel Le Botanique, Bruxelles, 1996
Municipal Museum of Art, Himeji, 1997
Musée Préfectoral d’Art, Fukushima, 1997
Art Museum of Isetan, Tokyo, 1997
Musée Municipal d’Art, Kurashiki, 1997
Modern Art Museum, Toyama, 1997
Musée des beaux-arts, Carcassonne, 1998
National Museum of History, Taipei, 1998
Fundaçao Arpad Szenes-Vieira da Silva, Lisbonne, 2000
Israel Museum, Jérusalem, 2001
Guggenheim, Bilbao, 2003
Rupertinum Museum, Salzburg, 2003
Collection de l’Art Brut, Lausanne, 2005
Pera Müzesi, Istanbul, 2005
National Museum of Contemporary Art, Deoksugung, 2006
Helly Nahmad Gallery, New York, 2009
Henie Onstad Foundation, Høvikodden, 2011
Fonds Hélène & Édouard Leclerc pour la culture, Landerneau, 2014
Fondation Beyeler, Bâle-Riehen, 2016
Lille métropole Musée d’art Moderne, d’Art Contemporain et d’Art Brut, Villeneuve d’Ascq, 2016
Hammer Museum, Los Angeles, 2016
Rijksmuseum, Amsterdam, 2017
Musée de l’Élysée, Lausanne, 2018
Mucem, Marseille, 2019
Bibliographie (sélection)
Pierre Seghers, L’Homme du commun ou Jean Dubuffet, Paris, Éditions Poésie, 1944
Pierre Volboudt, Les Assemblages de Jean Dubuffet. Signes, sols, sorts, Paris, Hazan XXe siècle, Paris, 1958
Gaëtan Picon, Le Travail de Jean Dubuffet, Genève, Albert Skira, 1973
Andréas Franzke, Dubuffet, Paris, Gallimard, 1975
Michel Thévoz, L’Art Brut, Genève, Albert Skira, 1975
Michel Ragon, La Fabuloserie, art hors-les-normes, Paris, Éditions Les Ateliers Jacob, 1983
Jean-Louis Prat, Jean Dubuffet. Rétrospective : peintures, sculptures, dessins : exposition du 6 juillet-6 octobre 1985, Saint-Paul-de-Vence, Fondation Maeght, 1985
Galerie Alphonse Chave, Salut à Jean Dubuffet et Slavko Kopač, Vence, Galerie Alphonse Chave, 1985
Michel Thévoz, Dubuffet, Genève, Albert Skira, 1986
Michel Laclotte, Jean-Pierre Cuzin, Dictionnaire de la peinture, Paris, Larousse, 1987
Alexandre Vialatte, Dubuffet et le grand magma, Paris, Arléa, 1988
Jean-Louis Ferrier, Yann Le Pichon, L’Aventure de l’art au XXe siècle, Paris, Éditions du Chêne-Hachette, 1988
Sophie Webel, L’Œuvre gravé et les livres illustrés par Jean Dubuffet. Catalogue raisonné, Paris, B. Lebon, 1991
Marcel Paquet, Catalogue des travaux de Jean Dubuffet 1917-1985, Paris, Casterman, 1993
Lydia Harambourg, L’Ecole De Paris, 1945-1965 : Dictionnaire Des Peintres, Lausanne, Ides et Calendes, 1993
Laurent Danchin et Martine Lusardy, Art Brut et compagnie : la face cachée de l’art contemporain, Paris, Broché, 1995
Michel Ragon, Du côté de l’art brut, Paris, Albin Michel, 1996
Michel Ragon, Jean Dubuffet, Paris, George Fall, 1996
Lucienne Peiry, De la clandestinité à la consécration. Histoire de la Collection de l’art brut, 1945-1996 (thèse de doctorat), Lausanne, Université de Lausanne, 1996
Collectif Lille, Art Brut, collection de l’Aracine, Villeneuve-d’Ascq, Lille Métropole Musée d’art moderne, d’art contemporain et d’art brut, 1997
Laurent Danchin, Jean Dubuffet, Paris, Éditions Terrail, 2001
Valérie Da Costa, Fabrice Hergott, Jean Dubuffet. Œuvres, écrits, entretiens, Paris, Hazan, 2006
Daniel Abadie, Dubuffet architecte, Paris, Hazan, coll. « Beaux-Arts », 2011
Céline Delavaux, L’Art brut, un fantasme de peintre, Paris, Flammarion, 2018