JEAN MIOTTE

Exposition du 3 juin au 3 juillet 2021

JEAN MIOTTE
La Peinture en mouvement

JEUNESSE ET FORMATION DU PEINTRE JEAN MIOTTE
Jean Miotte naît à Paris en 1926 et passe son adolescence dans une capitale occupée. Après des études de mathématiques, Jean Miotte découvre la peinture lors de son service militaire en 1946. Il peint alors les murs de la caserne. En 1947, pour parfaire sa formation artistique, Jean Miotte fréquente l’atelier du peintre Fauve Émile Othon Friesz, puis l’atelier d’Ossip Zadkine, peintre et sculpteur cubiste. Jean Miotte est également très marqué par l’oeuvre de Fernand Léger. Les artistes cubistes ont en effet une influence importante. Comme ses prédécesseurs ont décomposé pour recomposer, Miotte « dé-réalise ». Jean Miotte, c’est « l’orchestration d’un monde qui explose »1. L’artiste est alors attaché à la représentation du corps et apprend à le dessiner en mouvement.

L’IMPORTANCE DE LA DANSE DANS L’OEUVRE DE JEAN MIOTTE
Jean Miotte s’entoure d’amis danseurs et chorégraphes comme Zizi Jeanmaire et Wladimir Skouratoff. Ce dernier l’emmène à Londres pour assister à des représentations de la Compagnie de ballet du colonel Basile. La danseuse étoile des Ballets du Marquis de Cuevas, Rosella Hightower, invite Jean Miotte à Monte-Carlo où il travaille sur des décors de théâtre. Jean Miotte raconte : « Là commencèrent quelques aventures assez drôles qui débutèrent dans le monde de la danse. (…) Je savourais les premiers émerveillements et découvertes du monde chorégraphique, de l’arabesque, de l’organisation scénique de la ligne, du rythme… »
Les premiers tableaux figuratifs de Jean Miotte représentent souvent des danseuses. Dans la filiation d’Edgar Degas, Jean Miotte voit dans ce sujet le prétexte parfait pour représenter le mouvement.

Jean Miotte réalise ses premières oeuvres abstraites vers 1950. Peu à peu, la figure est dissoute dans l’arabesque. Le geste de l’artiste est spontané, c’est une danse improvisée face à la toile. Sa peinture est son geste, la brosse et le couteau tracent son mouvement. La peinture et le peintre se meuvent à la même vitesse, en miroir. Jean Miotte est porté par « quelque chose de sacré dans l’énergie de vivre »2

L’OEUVRE D’ART TOTALE
La peinture de Jean Miotte est nourrie du jeu dramatique et de la performance. L’artiste rêve d’une synthèse de la musique, de la peinture et de la chorégraphie, dans la filiation des théories de l’art total du compositeur Richard Wagner. Ce concept tend à associer plusieurs pratiques artistiques afin de fusionner l’art et la vie. Jean Miotte suit parfaitement cette idée en traitant ses expériences biographiques de spectateur de ballet comme une école de peinture. C’est une expérience visuelle créatrice, comme le serait le passage dans l’atelier d’un grand peintre. Le critique

1 – Miotte, E, Karl Ruhrberg, 1998, La Différence, Paris
2 – Jean Miotte, Francis Spar, Connaissance des Arts, n°41, novembre 1963

Roger van Gindertaël parlait de la peinture de Jean Miotte comme « d’une harmonisation toute en tensions de la vie même, dans toute sa complexité et ses contradictions. »
Les idées de Richard Wagner du XIXe siècle sont de nouveau d’actualité au XXe siècle, grâce entre autres aux activités du Black Mountain College. Cette université libre et expérimentale est fondée en 1933 en Caroline du Nord aux États-Unis. Ce lieu privilégiait les pratiques artistiques d’avant-garde. En 1952, John Cage y réalise un évènement, connu comme le premier happening de l’histoire de l’art. Pendant 45 minutes, plusieurs activités artistiques se déroulent librement et en même temps : David Tudor joue du piano, Mary Caroline Richards et Charles Olson lisent des poèmes, Robert Rauschenberg projette des films au plafond, John Cage donne une conférence et Merce Cunningham danse. Cet évènement se déroule au sein d’un décor constitué de monochromes blancs de Robert Rauschenberg et d’un tableau abstrait en noir et blanc de Franz Kline.

Jean Miotte, très sensible à la culture américaine, est fasciné par ces concepts liants l’art et la vie. Toujours en 1952, Jean Miotte rencontre le peintre américain Sam Francis et visite son atelier de Ville-d’Avray. L’exposition Cinquante ans d’art aux États-Unis est présentée en 1955 au Musée d’Art moderne de Paris, puis, l’exposition Jackson Pollock et la nouvelle peinture américaine y est également présentée en 1959.

En 1958, le marchand Jacques Dubourg prend Jean Miotte sous contrat, en même temps que Jean-Paul Riopelle, Sam Francis et Joan Mitchell. En 1961, Jean Miotte participe avec Sam Francis, Georges Mathieu et Jean-Paul Riopelle aux expositions collectives de la Galerie Swenska-Franska à Stockholm et à la Galerie Bonnier à Lausanne. La même année, il reçoit le Prix de la Ford Foundation et est invité aux États-Unis pour six mois. L’année suivante, une exposition personnelle lui est organisée à la Galerie Iolas à New York. Jean Miotte rencontre des artistes américains : Robert Motherwell, Mark Rothko, Chaïm Jacob Lipchitz et Alexander Calder. Jean Miotte parcourt les États-Unis et tient une conférence à Colorado Spring University.
En 1972, il séjourne de nouveau aux États-Unis, à New York et à Washington. Quarante-six de ses toiles sont exposées à l’International Monetary Fund à Washington. En 1978, Jean Miotte installe son atelier à New York où il est représenté par la Martha Jackson Gallery. Le Guggenheim Museum acquiert deux de ses œuvres sur papier en 1987. La fondation Jean Miotte est ouverte à New York en 2002 avec une collection permanente de ses œuvres.

LE MOUVEMENT DANS L’ART PICTURAL
Jean Miotte s’inscrit parfaitement dans le contexte artistique de la seconde moitié du XXe siècle, où le mouvement prend une place importante dans l’art pictural avec l’Abstraction lyrique, l’Action painting, l’art cinétique, l’Expressionisme abstrait, la performance etc… Cette tendance a sans doute été inaugurée par Marcel Duchamp avec Anémique cinéma, un film expérimental réalisé en 1926 dans lequel des disques optiques tournoient pendant sept minutes.

Les tableaux de Jean Miotte sont créés dans un geste immédiat, une fulgurance. « Le mouvement est ma vie » rappelle-t-il. On le compare en cela à Jackson Pollock. Jean Miotte ne passe jamais par le croquis. Le critique d’art américain Harold Rosenberg appréciait particulièrement cette pratique : « Le plus important dans l’art c’est la fraîcheur ». Cette peinture libre et instinctive est également influencée par le surréalisme. L’esprit est libéré de toute contrainte de réflexion : « C’est l’intuition qui compte avant tout lors de la naissance de l’oeuvre ». Jean Miotte évoquait son travail comme le « résultat de conflits intérieurs, ma peinture est une projection ; une succession de moments aïgus où la réalisation se fait en pleine tension spirituelle. La peinture n’est pas une spéculation de l’esprit ou de l’intellect, elle est un geste qu’on porte en soi ». Jean Miotte rencontre Roberto Matta qui lui dit : « Le surréalisme est pour moi un combat. (…) Toi aussi, tu es un combattant, tu es comme moi, tes peintures ne sont pas abstraites ». Le surréalisme aura également un rôle déterminant dans le développement de l’Expressionisme abstrait américain, notamment grâce à la présence aux États-Unis de Roberto Matta et de Marcel Duchamp.

Jean Miotte reçoit une commande de la ville de Paris : un grand format intitulé Sud qui est présenté dans le hall d’honneur de l’Opéra Bastille. L’écrivain Castor Seibel disait de la peinture de Jean Miotte : « En dehors de toute figuration réaliste, c’est un évènement en soi qui trouve son expression dans la dynamique gestuelle et son équivalence dans la couleur… savoir réunir le contradictoire dans la forme semble possible chez Miotte, la sérénité le dispute au chaos, la douceur et le sauvage se côtoient dans le bonheur. »

Le peintre Jean Miotte s’inscrit fondamentalement dans son époque par ses préoccupations picturales fondées sur le mouvement, au moment où la performance devient un nouveau moyen de création. Le mouvement du peintre, de ses outils, de ses sujets, des spectateurs ou des oeuvres mêmes devient un élément essentiel de l’art de la seconde moitié du XXe siècle.

Jean Miotte dans son atelier, Vitry-sur-Seine, 1993
Photo : Droits réservés

ŒUVRES EXPOSÉES

COMPOSITION ABSTRAITE – 1955 ca.
Huile sur toile
130 x 89 cm
Signé « Miotte » en bas à gauche
Galerie Diane de Polignac, Paris

MOUVEMENT D’AMITIÉ – 1955 ca.
Huile sur toile
55 x 65 cm
Signé « Miotte » et titré « Mouvement d’amitié » au dos
Galerie Diane de Polignac, Paris

SANS TITRE – 1958
Huile sur toile
97 x 130 cm
Signé « Miotte » en bas à gauche
Galerie Diane de Polignac, Paris

COMPOSITION – 1960
Huile sur toile
62 x 50 cm
Signé « Miotte » en bas en droite, signé et daté « Miotte 60 » au dos
Galerie Diane de Polignac, Paris

ESPÉRANCE – 2008
Acrylique sur toile
97 x 130 cm
Signé « Miotte » en bas à droite, signé et daté « Miotte 2008 » au dos
Galerie Diane de Polignac, Paris

SEUL AVEC TOI – 2010 ca.
Acrylique sur toile
130 x 97 cm
Signé « Miotte » en bas à droite
Galerie Diane de Polignac, Paris

TOUT PRÈS DE TOI – 2010
Acrylique sur toile
130 x 97 cm
Signé « Miotte » en bas à droite, signé et daté « Miotte 2010 » au dos
Galerie Diane de Polignac, Paris

BIOGRAPHIE

LES ANNÉES DE FORMATION DU PEINTRE JEAN MIOTTE
Jean Miotte naît à Paris le 8 septembre 1926 et passe son adolescence dans une capitale occupée : il a 18 ans à la fin de la guerre. « C’est dans ce contexte de bouleversements et de chocs idéologiques planétaires, que s’exacerbera son désir d’autres valeurs, d’autres engagements spirituels. De là, date son hostilité à tout embrigadement, à tout effet de groupe. À dix-neuf ans, il l’a décidé, son chemin sera solitaire » soutient Serge Lenczner.
Après des études de mathématiques, Jean Miotte découvre la peinture lors de son service militaire en 1946. Il peint alors les murs de la caserne et raconte : « J’avais été frappé par la laideur des locaux et des décorations murales environnantes et je me jurais dès la première minute de transformer cela. » Jean Miotte peint ensuite des fresques et des décors de théâtre.
En 1947, Jean Miotte fréquente les ateliers des peintres Othon Friesz et Ossip Zadkine. La même année, atteint de la tuberculose, Jean Miotte est hospitalisé de longs mois pendant lesquels il peint et dessine. À sa sortie en 1948, il peint d’après nature et réalise également quelques compositions imaginaires.

L’IMPORTANCE DE LA DANSE DANS L’OEUVRE DE JEAN MIOTTE
Le peintre Jean Miotte est influencé par les oeuvres de Jacques Villon, Georges Rouault et Henri Matisse. Jean Miotte est invité à Londres par la Compagnie des Ballets Russes et à Monte-Carlo par des amis danseurs et chorégraphes. La danse est en effet essentielle dans son oeuvre. L’artiste s’entoure d’amis danseurs et chorégraphes comme Zizi Jeanmaire et Wladimir Skouratoff. Les premiers tableaux figuratifs de Jean Miotte représentent souvent des danseuses. Sa peinture est nourrie du jeu dramatique et de la performance. Il rêve d’une synthèse de la musique, de la peinture et de la chorégraphie. Jean Miotte reçoit également une commande de la ville de Paris : un grand format intitulé Sud est présenté dans le hall d’honneur de l’Opéra Bastille. L’écrivain Castor Seibel disait de la peinture de Jean Miotte : « En dehors de toute figuration réaliste, c’est un évènement en soi qui trouve son expression dans la dynamique gestuelle et son équivalence dans la couleur… savoir réunir le contradictoire dans la forme semble possible chez Miotte, la sérénité le dispute au chaos, la douceur et le sauvage se côtoient dans le bonheur. »

LES PREMIERS SUCCÈS DU PEINTRE JEAN MIOTTE
Jean Miotte voyage en Italie et découvre l’art du Quattrocento. Il rencontre également les artistes Piero Dorazio, Lorenzo Guerrini et Achille Perilli. De retour à Paris, Jean Miotte est marqué par la peinture de Robert Delaunay et de Fernand Léger.
En 1950, Jean Miotte peint son premier tableau abstrait. Il vit et travaille à Meudon où il rencontre les artistes Jean Arp et Gino Severini. En 1952, Jean Miotte rencontre Sam Francis et visite son atelier de Ville-d’Avray. L’année suivante, Jean Miotte expose pour la première fois au Salon des Réalités Nouvelles où il y participera ensuite régulièrement. La même année, il est contacté par le critique d’art Michel Seuphor pour son ouvrage Dictionnaire de l’art abstrait qui paraîtra en 1957, dans lequel sapeinture est ainsi décrite : « compostions hautes en couleurs au dessin bien articulé et qui tient le mur ». L’oeuvre de Jean Miotte est une oeuvre personnelle, entre Abstraction lyrique, Art informel et tachisme. « Il faut citer les noms des peintres qui, par leur lyrisme, font exception à la règle générale de froideur… Celui de Jean Miotte, dont une toile lumineuse et aérée transmet une émotion indéniable » écrit le critique d’art Alain Jouffroy. Les tableaux de Jean Miotte sont créés dans un geste immédiat, une fulgurance. « Le mouvement est ma vie » rappelle-t-il. On le compare d’ailleurs à Jackson Pollock.
Jean Miotte ne passe jamais par le croquis. Il se différencie en cela de Hans Hartung par exemple. Le critique d’art américain Harold Rosenberg appréciait particulièrement cette pratique : « Le plus important dans l’art c’est la fraîcheur. » Cette peinture libre et instinctive est influencée directement par le surréalisme. L’esprit est libéré de toute contrainte de réflexion : « C’est l’intuition qui compte avant tout lors de la naissance de l’oeuvre ». Jean Miotte évoquait sa peinture comme le « résultat de conflits intérieurs, ma peinture est une projection ; une succession de moments aigus où la réalisation se fait en pleine tension spirituelle. La peinture n’est pas une spéculation de l’esprit ou de l’intellect, elle est un geste qu’on porte en soi ». Jean Miotte rencontre Roberto Matta qui lui dit : « Le surréalisme est pour moi un combat. (…) Toi aussi, tu es un combattant, tu es comme moi, tes peintures ne sont pas abstraites. »

L’influence du cubisme est là aussi. Comme ses prédécesseurs ont décomposé pour recomposer, Miotte « dé-réalise ». Avec Jean Miotte, c’est « l’orchestration d’un monde qui explose » selon Karl Ruhrberg. Ce dernier souligne d’ailleurs le fort attachement de Jean Miotte à ses origines nordiques, notamment Frans Hals « qui comme lui a allié une peinture spontanée et une harmonie entre impulsion et équilibre ».
En 1954, Jean Miotte installe son atelier dans l’hôtel particulier du sculpteur le Prince Yiouriewitch à Boulogne, où vécurent également les artistes Jacques Lanzman et Serge Rezvani. L’année suivante, le peintre Henri Goetz fait visiter cet atelier à ses élèves. En 1957, Jean Miotte participe à l’exposition 50 ans d’art abstrait à la Galerie Creuse à Paris. Une exposition personnelle lui est consacrée à la Galerie Lucien Durand à Paris. À partir de 1958, Jean Miotte est représenté en Europe par le marchand Jacques Dubourg. Cette année-là, Jean Miotte rencontre les peintres André Lanskoy, Serge Poliakoff et Pierre Dmitrienko.
Jean Miotte rencontre le succès en Allemagne où dix expositions lui sont consacrées dans les années 1950, notamment à la Kunsthalle de Recklinghausen en 1958. Il participe également à une exposition collective de 15 peintres au Kunstverein de Cologne. Sa première oeuvre à entrer dans un musée est acquise en 1960 par le Ludwig Museum de Cologne.

LE PREMIER VOYAGE AUX ÉTATS-UNIS DU PEINTRE JEAN MIOTTE
Jean Miotte expose à la première Biennale de Paris en 1959 dans la « Section Informels » avec Raymond Hains, LeRoy Neiman, Peter Foldes et André Favory. L’année suivante, Jean Miotte présente deux toiles à l’exposition d’ouverture de la Galerie Karl Flinker à Paris. Il participe également à l’exposition inaugurale de la Galerie Iris Clert à Paris. En 1961, Jean Miotte participe avec Sam Francis, Georges Mathieu et Jean-Paul Riopelle aux expositions collectives de la Galerie Swenska-Franska à Stockholm et à la Galerie Bonnier à Lausanne. La même année, il reçoit le Prix de la Ford Foundation et est invité aux États-Unis pour six mois. L’année suivante, une exposition personnelle est organisée à la Galerie Iolas de New York. Jean Miotte rencontre alors des artistes américains : Robert Motherwell, Mark Rothko, Chaïm Jacob Lipchitz et Alexander Clader. Jean Miotte voyage aux États-Unis et tient une conférence à Colorado Spring University.

LA RECONNAISSANCE INTERNATIONALE POUR LE PEINTRE JEAN MIOTTE
En 1963, une rétrospective Jean Miotte est organisée au Stedelijk Museum de Schiedam, reprise ensuite au Musée de Groningen aux Pays-Bas. Jean Miotte participe la même année à l’exposition collective Art Contemporain au Grand Palais à Paris. En février 1964, l’historien d’art portugais José-Augusto França écrit sur la peinture de Jean Miotte dans la revue Costruire : « Peintre gestuel d’esprit français, Miotte s’exprime en constructif malgré l’impression de véhémence immédiate qui se dégage de ses toiles : son art outrepasse l’esthétique d’après-guerre, se distinguant d’une façon plus moderne par une conscience d’indépendance de l’idée de créer. »
Dans les années 1960, de nombreuses expositions Jean Miotte sont organisées en Allemagne, aux Pays-Bas, au Danemark et en Belgique. Il travaille alors dans le Midi, à Pignans. En 1967, il expose de nouveau au Stedelijk Museum de Schiedam lors de l’exposition collective Huit peintres de Paris, aux côtés de Chafik Abboud, Olivier Debré, Karskaya, Jean Messagier, Carl Moser, Louis Nalard et Paul Rebeyrolle.

En 1970, Jean Miotte devient membre du Comité des Réalités Nouvelles. Il expose 40 toiles à la Fondation Prouvost à Marcq-en-Baroeul. À partir de 1971, Jean Miotte utilise la surface de la toile brute écrue comme élément de ses compositions. L’année suivante, il séjourne à nouveau aux États-Unis, à New York et à Washington. Quarante-six de ses toiles sont exposées à l’International Monetary Fund à Washington. Jean Miotte installe son atelier à Hambourg en Allemagne.
En 1975, une monographie de Jean Miotte est publiée, contenant un texte du marchand Castor Seibel : « Aucune imitation, aucune reproduction, mais l’évènement intérieur trouve son expression dans les couleurs et un dynamisme gestuel… La peinture de Miotte est un lieu où les contradictions de notre temps ne sont plus exprimées dans un sens dualiste… En ce sens, J. M. est un créateur important de formes nouvelles. »
L’année suivante, Jean Miotte expérimente avec le support papier et réalise quatre-vingts gouaches, ainsi que des collages de krafts et de journaux. Une de ses oeuvres est acquise par le Musée de Maassluis en Hollande. Il expose à Padoue aux côtés d’Enrico Baj, Alexander Calder et Karel Appel. Jean Miotte installe son nouvel atelier à Vitry-sur-Seine. Il expose au Centre culturel de Malines en Belgique lors de l’exposition collective Kunst in Europa 1920-1960 qui rassemble les grands noms de l’art contemporain de l’époque.
En 1978, Jean Miotte est invité à donner des conférences dans le cadre de ses expositions au Centre culturel français de Damas, puis au Musée d’Alep en Syrie et enfin à Amman en Jordanie. La même année, Jean Miotte installe son atelier à New York où il est représenté par la Martha Jackson Gallery.
Son travail est présenté lors d’expositions sur la peinture française des années 1950 à la Maison de la culture de Grenoble, au Musée de Dunkerque et au Musée de Saint-Omer en France.

LES VOYAGES EN ASIE DU PEINTRE JEAN MIOTTE
En mai 1980, Jean Miotte expose cinquante oeuvres à Pékin au Centre culturel français. Il est le premier artiste peintre occidental à être invité à exposer ses œuvres à Pékin après la mort de Mao. Jean Miotte en profite pour visiter la Chine. En 1982, il expose soixante toiles au Hong Kong Art Center, puis à l’Institut franco-japonais de Tokyo. L’année suivante, Jean Miotte expose au Musée national de Singapour et au National Museum of History de Taipei. En 1984, Jean Miotte est exposé au Striped House Museum de Tokyo.
Le Guggenheim Museum acquiert deux oeuvres sur papier de Jean Miotte en 1987. En 1991, le Centre Georges Pompidou à Paris expose les gravures commandées par Danielle Mitterrand pour son album Mémoire de la liberté. 55 artistes participent à ce projet, dont Jean Miotte, Roy Lichtenstein, Antoni Tapies, Sam Francis et Robert Rauschenberg. L’année suivante une rétrospective Jean Miotte est organisée au Palais des Arts de Toulouse.
La fondation Jean Miotte est ouverte à New York en 2002 avec une collection permanente de ses œuvres. Jean Miotte décède le 1er mars 2016 à l’âge de 89 ans.

COLLECTIONS (SÉLECTION)
Berlin, Graphotek
Castellon, Museo de Arte Contemporáneo de Villafamés
Cologne, Museum Ludwig
Dortmund, Museum am Ostwall
Dhaka, Musée National du Bangladesh
Dunkerque, Musée d’Art contemporain
Hambourg, Staats-und Universitätsbibliothek Hamburg Carl von Ossietzky
Maassluis (Pays-Bas), Gemeentemuseum
Munich, Staatsgalerie Moderner Kunst
New York, NY, The Solomon R. Guggenheim Museum
New York, NY, The Museum of Modern Art
New York, NY, The Chelsea Art Museum
Paris, Musée d’Art moderne de Paris
Paris, Bibliothèque Nationale
Paris, Ministère des Affaires culturelles
Paris, Opéra national Bastille
Paris – La Défense, Fonds national d’art contemporain (FNAC)
Paris – La Défense, Fondation d’Art contemporain CNIT
Rio de Janeiro, Museo de Arte moderna
Saarbruck (Allemagne), Saarlandmuseum, Moderne Galerie
Singapour, Musée National de Singapour
Taichung, Musée des Arts de Taiwan

EXPOSITIONS (SÉLECTION)
Salon des Réalités Nouvelles, Paris, 1953. Régulières participations par la suite
Exposition d’ouverture, Galerie du Haut du Pavé, Paris, 1954
50 ans d’art abstrait, à l’occasion de la parution du Dictionnaire de la Peinture abstraite de Michel Seuphor, Galerie Creuse, Paris, 1957
Galerie Lucien Durand, Paris, 1957
Réalités nouvelles, nouvelles réalités, 13e salon des Réalités Nouvelles, Kunsthalle de Recklinghausen, Recklinghausen (Allemagne), 1958
Cinq peintres de Paris : Bogart, Bysantios, Jousselin, Miotte, Mihailovitch, Galerie Attico, Rome, 1958
Section Informel : Hains, Miotte, Neiman, Foldes, Favory …, première Biennale de Paris, Paris, 1959
15 peintres de Paris, Kolnischer Kunstverein, Cologne, 1959, 1962
Ouverture, Galerie Flinker, Paris, 1960
Ouverture, Galerie Iris Clert, Paris, 1960
Galerie Am Dom, Francfort, 1960
Galerie Gunar, Düsseldorf, 1960
Exposition Internationale, Museum Wolfram Von Eschenbach, Wolframs-Eschenbach (Allemagne), 1961
Sam Francis, Mathieu, Miotte, Riopelle, Galerie Swenska Franska, Stockholm, 1961
Galerie Bonnier, Lausanne, 1961
Drian Gallery, Londres, 1961
Centre Culturel de Mechelen, Mechelen (Belgique), 1961, 1976
Galerie Iolas, New York, 1962
Galerie Jacques Dubourg, Paris, 1963
Stedelijk Museum, Schiedam (Pays-Bas), 1963, 1967
Musée de Groningen, Groningen (Pays-Bas), 1963
Galerie Zodiaque, Bruxelles, 1963
Grand Palais, Paris, 1963, 1988
Cobra et l’Informel : Appel, Constant, Corneille, Miotte, Riopelle, Tal Coat, Galerie Krikhaar, Amsterdam, 1965
Galerie Dierks, Aarhus (Danemark), 1966, 1968, 1971
Court Gallery, Copenhague, 1966
Galerie Bio, Aalborg (Danemark), 1967
International graphies, The Corcoran Gallery of Art, Washington D.C, 1970
Galerie Wünsche, Bonn, 1970, 1974, 1976
Septentrion, Centre artistique de la Fondation A. Prouvost, Marcq-en-Baroeul (France), 1970
Huit Peintres de Paris : Abboud, Debré, Karskaya, Messagier, Moser, Miotte, Nalard, Rebeyrolle, Maison de la Culture, Bourges, 1971
International Monetary Fund, Washington D.C, 1972
Galerie Dinastia, Lisbonne, 1972
Prudhoe Gallery, Londres, 1973, 1974
Galerie Winter, Braunschweig (Allemagne), 1975, 1978
Galerie Nieuwe Weg, Doorn (Pays-Bas), 1976, 1979, 1984, 1991
Cinq artistes : Appel, Baj, Calder, Miotte, Scordia, Galerie Alfiere, Padoue, 1976
Bishops Gallery, Melbourne, 1977
Damascus Cultural Center, Damas, 1978
National Museum, Alep, 1978
Amman Cultural Center, Amman, 1978
Musée de Dunkerque, Dunkerque, 1978, 1993
L’Abstraction des Années 50 en France, Maison de la Culture, Grenoble, 1978
L’Abstraction des années 50 en France, Musée de Saint-Omer, 1978
Exposition rétrospective itinérante dans des centres culturels français, 1979
Centre Culturel de Pékin, Pékin : Première exposition d’un artiste occidental en Chine Populaire, 1980
Galería Lucas, Gandía (Espagne), 1980, 1981
Galerie Koppelmann, Leverkusen (Allemagne), 1980, 1983
Centre Culturel, Montpellier, 1980
Ayala Museum, Manille, 1981
Musée de la Poste, Hambourg, 1981
Evergreen Galleries, The Evergreen State College, Olympia, Washington D.C, 1982
Hong-Kong Arts Center, Hong-Kong, 1982
Institut Franco-Japonais de Tokyo, Tokyo, 1982
Trevisan Galleries, Edmonton (Canada), 1982
Paris 59 : Fautrier, Feraud, Hartung, Lanskoy, Lipsi, Miotte, Schneider, Sonderborg, Soulages, TaI Coat, Tapies, Galerie Koppelmann, Cologne, 1982
National Museum de Singapour, Singapour, 1983
National Museum of History, Taipei, 1983
Bitran, Chu teh-Chun, Hartung, Miotte, Soulages, Chapelle des Franciscains, Saint-Nazaire, 1983

Galerie La Cité, Luxembourg, 1983, 1987
Striped House Museum, Tokyo, 1984
Vik Gallery, Edmonton (Canada), 1984
Institut Français d’Athènes, Athènes, 1984
Deux peintres, deux sculpteurs, Orangerie de Bagatelle, Paris, 1984
Opus Gallery, Miami, 1985
Konstmassan, Stockholm, 1985, 1989
Art Atrium, Stockholm, 1985
Columbia University, New York, 1986
Galerie Keeser, Hambourg, 1987, 1989, 1991
Les Peintres autour d’Arrabal, Musée d’Histoire, Esch-sur-Alzette, Luxembourg, 1987
Ciae, Chicago International Art Exhibition, Chicago, 1987
Colloque Euro-Arabe, Musée de Malte, Île de Malte, 1987
Art in Paris, Pavillon Inter-Continental, Singapour, 1987
Galerie Gimpel & Weitzenhoffer, New York, 1988
Galerie Egelund, Copenhague-Holte, 1988, 1990
Espace d’Art Contemporain E. Ungaro, La Rochelle, 1988
Rencontres écrites, Institut du Monde Arabe, Paris, 1988
Les années 50 : Benrath, Chu teh-Chun, Debré, Dietrich Mohr, Féraud, Hartung, Lanskoy, Miotte, Music, Père, Pichette, de Staël, Subira Puig, Casino de Hyères, Hyères, 1988
Les années 50, Mécénat Pernod, Paris-Créteil, Première étape d’une exposition itinérante, 1988
Galerie N’namdi, Detroit, 1989
Miotte/Arrabal, Maler und Dichter, Institut Français de Hambourg, Hambourg, 1989
Galerie von Braunbehrens, Munich, 1990, 1992, 1996
Galerie Wild, Frankfort, 1990, 1992, 1994, 1997
Abstrakte Malerei nach 1945 : Miotte, Noël, Schumacher, Sonderborg, Thieler, Haus Sandreuther, Riehen-Bâle, 1990
Art et Partage, Musée des Beaux-Arts, Nice, 1990
Musée Seibu, Tokyo, 1991
Galerie Jade, Colmar,1991, 1992
Galerie Michael Schultz, Berlin, 1991, 1993, 1997
Mémoire de la Liberté : 55 artistes de 23 pays, César, Sam Francis, Miotte, Rauschenberg, Motherwell, Lichtenstein, Tinguely, Tapies, etc., illustrent chaque article de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme, organisée par l’Association France Liberté, Centre Pompidou, Paris, 1991
Collections des collections ; de Paul Klee à nos jours, CNIT, Fondation d’Art Contemporain, Paris-La Défense, 1991
Couleurs de la vie, exposition itinérante internationale d’art contemporain sous le patronage de Mme Danielle Mitterand, Bibliothèque Nationale, Paris, 1991
Forms of Abstraction, N’namdi Gallery, Birmingham, Michigan, 1991
Palais des Arts, Toulouse, 1992
Galerie Shuyu, Tokyo, 1992
Galerie Saint-Polly, Gunrua (Japon), 1992
Art and Art, Nicaf 92, Yokohama, 1992
Grands formats, Miami Art Fair, Miami, 1992
Art Multiple, Düsseldorf, 1992, 1994
5 artistes des années 50 : Christophorou, Debré, Miotte, Féraud, Koch, Centre Culturel Jean Despas, Saint-Tropez, 1993
Hartung et Miotte, Ishi Gallery, Osaka, 1993
Musée des Cordeliers, Châteauroux, 1994
Œuvres graphiques, Musée Bertrand, Châteauroux, 1994
30 ans Après : Sam Francis, Jean Miotte, Joan Mitchell, Jean-Paul Riopelle, organisée par Chapel Art Center, Hambourg et Cologne, 1994, 1995, 1997
Pour la paix et la reconstruction au Liban – 33 peintres, Musée Sursock, Beyrouth, 1994
Chinesische Kunst nach 1945 in Europa – Eine Gegenüberstellung : Li Di, Chu teh-Chun, Zao, Rétrospective 1956-1996, Musée Mücsarnok, Budapest, 1996
Les années 1945-1975, Maison de l’Unesco, Paris, 1996
Arrabal, der Lyriker und die Künstler, Dali, Dorny, Miotte, Saura, Gutenberg Museum, Mayence (Allemagne), 1996
The Garner Tullis Donation, The Ackland Art Museum, Chapel Hill, Caroline du Nord, 1996
Museum Am Ostwall, Dortmund, 1997, 1999, 2000
Ont-ils du métier ? Propositions pour l’art vivant – Agam, Boltansky, César, Claisse, Cruz. Diez, Hains, Honegger, Messager, Miotte, Morellet, Nemours, Soto, Tinguely, Vasarely, Venet…, Galerie Denise René, Paris, 1997
Grenzganger (qui traversent la frontière) : Sandro Chia, lan Hamilton Finlay, Markus Lüppertz, Jean Miotte, A.R. Penck, Bernd Zimmer, pour le 200e anniversaire de Heinrich Heine, Kunsthalle Düsseldorf, Staatsgalerie Stuttgart, Goethe institute Paris et Marseille, Villa Romana, Florence, 1997
20 ans d’exposition, Museum Haus Ludwig für Kunstausstellungen, Saarlouis, 1997
Arbeiten auf Papier (œuvres sur papier), Kunstmarkt Dresde, Dresde, 1997
The National Arts Club, New York, 1998
Van Der Togt Museum, Amsterdam-Amstelveen, 1998
Villa Haiss, Musée d’Art Contemporain, Zell A.H., (Allemagne), 1998, 2000
Musée d’Art et d’Histoire, Fribourg (Suisse), 1999
Museum Ludwig, Koblenz (Allemagne), 2000
Aboa Vetus Ars Nova Museum, Turku (Finlande), 2000
Museum of Brno, République Tchèque, 2002
Chelsea Art Museum, New York, 2003, 2005
Museo Fundacion Cristóbal Gabarrón, Valladolid (Espagne), 2005
Artrium, Genève, 2005
Bibliothèque nationale de Nice, Nice, 2005
Jean Miotte, Galerie Diane de Polignac, Paris, 2019

BIBLIOGRAPHIE (SÉLECTION)
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Galleria Attico, exposition collective avec Bogart, Byzantios, Jousselin, Mihailovitch, Rome, 1958
Kunstverein, exposition collective : Sam Francis, George Mathieu, Jean Miotte, C Maussion, Jean-Paul Riopelle, Cologne, 1962
Maison de la Culture de Bourges, Exposition collective : Karskaya, Debré, Abboud et autres, Bourges, 1972
Michel Ragon, Histoire de l’art abstrait, vol. IV, Maeght, Paris, 1975
José-Augusto França, Castor Seibel, Miotte, La Porte Verte, 1975
Chester Himes, Miotte, coll. « L’art se raconte », Éditions SMI, Palaiseau, 1977
Institut français d’Athènes, Écriture et signes, texte de Jean Miotte, Athènes, 1984
Gérard Xuriguera, Les années 50, Arted, Paris, 1985
Fernando Arrabal, Jean Miotte, Devoirs de vacances, été 85, Galilée, Paris, 1986
Marcelin Pleynet, Miotte, Œuvres sur papier 1950-1965, Galilée, Paris, 1987
Marcelin Pleynet, Miotte, La Différence, Paris, 1987
C.M Cluny, Miotte, Peintures et Gouaches, coll. « L’Autre Musée », La Différence, Paris, 1989
M Chelbi, L’affiche d’art en Europe, Van Wilder, Saint Romain au Mont d’or, 1989
Jean-Luc Chalumeau, Miotte, coll. « Passeport », Fragment, Paris, 1990
Bohbot, Miotte, Le Geste majeur, Navarra, Paris, 1991
Centre Georges Pompidou, Mémoire de la liberté, catalogue de l’exposition, Paris, 1991
Jean-Claude Lambert, Le règne imaginal, coll. « Diagonales », Cercle d’Art, Paris, 1992

miotte - atelier vitry 1992 catalogue 2021

Jean Miotte dans son atelier, 1992

Galerie Diane de Polignac
2 bis, rue de Gribeauval – 75007 Paris
www.dianedepolignac.com

Textes – texts: Mathilde Gubanski
Traduction – translation: Lucy Johnston
© Œuvres : ADAGP, Paris, 2021
Photographies des oeuvres : Droits réservés
© Artworks: ADAGP, Paris, 2021
Photographs of the works: Reserved rights

© Galerie Diane de Polignac, 2021

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