wifredo lam - portrait

Wifredo Lam

(1902-1982)

Wifredo Lam est un peintre cubain. Il mêle le modernisme occidental et la culture africaine et caribéenne créant ainsi un langage singulier. Le peintre Wifredo Lam est proche de Picasso, des surréalistes et des artistes du mouvement Cobra.

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Biographie

Jeunesse et formation du peintre cubain Wifredo Lam

Wifredo Lam naît le 8 décembre 1902 à Sagua la Grande à Cuba. La présence de la nature dans sa ville natale a eu un impact important sur Wifredo Lam. Une nuit de 1907, il est surpris par l’ombre des ailes d’une chauve-souris projetée sur les murs de sa chambre. Ce fut le premier grand choc, dira-t-il plus tard.
En 1916, Wifredo Lam et une partie de sa famille déménagent à La Havane. Wifredo Lam s’inscrit à la Escuela Profesional de Pintura y Escultura, Academia de San Alejandro, où il étudie jusqu’en 1923. Durant cette période marquée par des expositions d’art au Salón de Bellas Artes, il confirme sa vocation de peintre.
En 1923, il reçoit une bourse de la municipalité de Sagua la Grande pour étudier en Europe. À l’automne de la même année, il se rend en Espagne : il a 21 ans.

Séjour en Espagne de Wifredo Lam

Wifredo Lam passe quatorze ans en Espagne, un séjour qui ne devait être qu’une escale avant d’arriver à Paris. Cette étape est cruciale dans la vie de l’artiste peintre. En effet, c’est à Madrid qu’il découvre les idées et les fondements de l’art moderne. Il se rend aussi souvent dans des musées comme le Musée archéologique ou le Museo del Prado.
Wifredo Lam étudie les grands maîtres de la peinture espagnole, notamment Velázquez et Goya. En 1931, sa femme Eva Sébastiana Piriz et leur fils Wilfredo Víctor meurent de la tuberculose. La douleur de Wifredo Lam est profonde et s’exprimera dans ses nombreuses peintures de mère et enfant.
Le peintre cubain Wifredo Lam entre en contact avec plusieurs organisations politiques et en 1936, avec l’aide de son ami Faustin Cordón, il rejoint les forces républicaines dans la lutte contre Franco. Il dessine des affiches antifascistes et s’implique dans la gestion d’une usine de munitions. La violence pendant les combats inspire sa grande toile intitulée La Guerra Civil.

Séjour en France de Wifredo Lam

En 1938, Wifredo Lam quitte l’Espagne pour Paris. Peu de temps avant son départ, il rencontre Helena Holzer, qui devient sa deuxième épouse en 1944. À Paris, le peintre Wifredo Lam rencontre Pablo Picasso. Ce dernier le présente à ses amis peintres, poètes et critiques d’art : Georges Braque, Henri Matisse, Joan Miró, Michel Leiris, Daniel-Henry Kahnweiler… Wifredo Lam rencontre également Pierre Lœb, directeur de la Galerie Pierre à Paris, qui lui organise sa première exposition d’art personnelle en 1939.
Peu avant l’arrivée des Allemands, le peintre cubain Wifredo Lam quitte Paris pour Bordeaux puis Marseille, où nombre de ses amis, notamment des artistes surréalistes, se réunissent autour d’André Breton à la Villa Air Bel : Pierre Mabille, René Char, Max Ernst, Victor Brauner, Oscar Domínguez, André Masson, Benjamin Péret. À la Villa Air Bel, lieu de création et d’expérimentation, Wifredo Lam travaille et réalise une série de dessins à l’encre, utilisant des personnages hybrides qu’il développera pleinement lors de son séjour à Cuba en 1941-1947. En janvier et février 1941, l’artiste peintre Wifredo Lam illustre un poème d’André Breton Fata Morgana, censuré par le gouvernement de Vichy.

Retour à Cuba du peintre Wifredo Lam

Le 25 mars 1941, Wifredo Lam et Helena Holzer partent à bord du Capitaine Paul Lemerle avec 300 autres artistes et intellectuels en direction de la Martinique. André Breton et Claude Lévi-Strauss les suivent en voyage. À leur arrivée, les passagers sont retenus aux Trois Îles. Durant cette escale forcée et avant son départ pour Cuba, Wifredo Lam rencontre Aimé Césaire et ils deviennent amis.

De retour dans son pays natal après près de vingt ans d’absence, Wifredo Lam approfondit ses recherches notamment en les liant avec le monde de son enfance. Sa sœur Eloísa dont il est proche, lui fait découvrir des rituels afro-cubains auxquels il participe avec des amis. Le style de Wifredo Lam s’enrichit au contact de la culture afro-cubaine et l’artiste peint ainsi plus d’une centaine de tableaux, dont La Jungla, qui fait de 1942 l’année la plus productive de cette période. Wifredo Lam participe à plusieurs expositions aux États-Unis les années suivantes : à l’Institute of Modern Art de Boston, au MoMA et à la Pierre Matisse Gallery à New York, où La Jungla présentée pour la première fois, fait scandale.

En 1946, Helena et Wifredo Lam sont à Haïti et participent à des cérémonies vaudou avec Pierre Mabille et André Breton. Se référant à son expérience haïtienne, le peintre cubain Wifredo Lam déclare : « C’est une erreur de croire que mon travail a pris sa forme définitive à Haïti. Mon séjour n’a fait que l’agrandir, comme celui que j’ai fait au Venezuela, en Colombie, dans le Mato Grosso brésilien. Je pourrais être un bon peintre de l’école de Paris, mais je me sentais comme un escargot dans sa coquille. Ce qui prolonge vraiment ma peinture, c’est la présence de la poésie africaine. »

Puis Wifredo Lam se rend à New York où il revoit Marcel Duchamp et rencontre bon nombre de personnalités de la scène artistique : les peintres Yves Tanguy et Arshile Gorky, les artistes femmes Jeanne Reynal, Mercedes Matter, Ian Hugo et Sonia Sekula, les critiques d’art James Johnson Sweeney et Nicolas Calas, l’artiste et photographe Jesse Fernández, le compositeur John Cage… À la fin des années 1940, Wifredo Lam partage sa vie entre l’Europe, La Havane et New York, où il séjourne avec Helena chez Pierre et Teena Matisse, ainsi que chez Jeanne Reynal. Wifredo Lam rend visite à de nombreux artistes, notamment les artistes de l’Expressionnisme abstrait américain : Jackson Pollock, Robert Motherwell, Isamu Noguchi, David Hare et du mouvement Cobra : Asger Jorn entre autres.

Reconnaissance internationale pour le peintre Wifredo Lam

À partir de 1947, le style de Wifredo Lam évolue. L’influence de l’art océanien est combinée à l’art africain et la présence d’éléments ésotériques devient plus importante. Le travail du peintre cubain gagne alors en portée internationale grâce aux publications dans des magazines prestigieux tels que VVV, Lieu, ArtNews et View, ainsi que des expositions d’art aux États-Unis, en Haïti, à Cuba, en France, en Suède, en Angleterre, au Mexique, en Russie… Après son divorce avec Helena Holzer, Wifredo Lam s’installe à Paris en 1952.

En 1955, Wifredo Lam rencontre l’artiste suédoise Lou Laurin qu’il épouse en 1960. Ce sera sa troisième épouse. Il obtient à cette époque le premier prix au salon de La Havane. En 1958, Wifredo Lam devient membre de la Graham Foundation for Advanced Study in Fine Art de Chicago et reçoit plusieurs distinctions, dont le prix international Guggenheim en 1964.

Dans les années 1950, le peintre cubain Wifredo Lam travaille avec des artistes du groupe Cobra et de l’avant-garde italienne. Il rejoint également divers mouvements artistiques d’après-guerre tels que le mouvement Phase et les situationnistes. En 1954, Wifredo Lam rencontre les poètes Gherasim Luca et Alain Jouffroy. Il se rend également à Albissola en Italie, où une rencontre internationale de sculpture et de céramique est organisée à l’initiative d’Asger Jorn et d’Edouard Jaguer. Karel Appel, Enrico Baj, Corneille, Lucio Fontana, Emilio Scanavino et Roberto Matta y participent. Encouragés par le marchand d’art Carlo Cardazzo, ils transformeront ce petit village de la côte ligure en un lieu de rencontres et d’expériences artistiques dans les années 1950-1960.

Dans les années 1960, le travail de Wifredo Lam reflète un intérêt croissant pour le graphisme. Travaillant avec des poètes et des écrivains, il réalise plusieurs portfolios de grand format, imprimés et publiés dans des ateliers de gravure, entre autres : Worried Land d’Edouard Glissant (1955), Tree Travel de Hubert Juin (1960), Le Rempart de Brindilles de René Char 1963), Apostrophe Apocalypse de Gherasim Luca (1965), L’Antichambre de la Nature d’Alain Jouffroy (1966) et Annonciation d’Aimé Césaire (1969). La rencontre entre le maître graveur Giorgio Upiglio et le peintre cubain à l’atelier Grafica Uno de Milan inaugure une période de créativité intense qui durera jusqu’à la mort de Wifredo Lam en 1982.

Depuis 1964, Wifredo Lam partage sa vie entre Paris et Albissola où il installe son atelier. L’artiste peintre Wifredo Lam travaille alors dans l’atelier de Giorgio Upiglio lorsqu’il est frappé d’un accident vasculaire cérébral en août 1978. Il en sort à moitié paralysé et en fauteuil roulant. Cela n’empêche cependant pas Wifredo Lam de poursuivre sa production artistique : principalement des gravures, des céramiques et des sculptures, des œuvres teintées de la nostalgie de sa terre natale. Wifredo Lam partage ses dernières années entre Cuba et Albissola. Le peintre cubain décède à Paris le 11 septembre 1982. Le 8 décembre, des funérailles nationales sont organisées à La Havane.

© Galerie Diane de Polignac

wifredo lam - photographie

Collections (sélection)

Collections (sélection)

Amstelveen, Cobra Museum

Barcelone, Fundacio Joan Miro

Londres, Tate Modern

Madrid, Museo Nacional Centro de Arte Reina Sofía

New York, Solomon R. Guggenheim Museum

Paris, Musée national d’art moderne – Centre Georges Pompidou

Paris, Musée Dapper

Expositions (sélection)

Expositions (sélection)

La Sociedad-Círculo de Cultura y Recreos, Sagua la Grande (Cuba), 1923

Exposition organisée par la Asociación de Pintores y Escultores Salón de Bellas Artes, La Havane, 1923

Galería Vilches, Madrid, 1928

Museo de Arte Moderno, Federación ibérica de artistas pintores, Madrid, 1931

IVa Exposición colectiva de arte, El Salón Permanente de Arte, León (Espagne), 1932

Wifredo Lam, peintures, Galerie Pierre, Paris, 1932, 1946

Art représentatif de notre temps, Galerie Mai, Paris, 1935

Pierre Matisse Gallery, New York, 1935, 1939, 1940, 1943, 1945

First Papers of Surrealism, exposition organisée par The Coordinating Council of French Relief Societies, Whitelaw Reid Mansion, New York, 1938

The Latin American Collection of The Museum of Modern Art, The Museum of Modern Art, MoMa, New York,1938

Wifredo Lam, peintures, Galerie Pierre, Paris, 1939

Pictures by Two Cubans: Carreño and Lam, The Institute of Modern Art, Boston, 1939

Exposition-vente organisée pour la restauration de l’église Santa Maria del Rosario, Lyceum, La Havane, 1940

Exposición de pintura en beneficio de intelectuales españoles exiliados, Institución hispano-cubana de cultura, La Havane, 1942

Lam, Matta: The Latin American Spirit, The Arts Club, Chicago, 1942

Les peintres modernes cubains, Centre d’Art Galerie, Port-au-Prince, 1944

Segundo Salón Vicente Escobar, organisé par la Sociedad de Artes y Letras Cubanas, (Salón Del Frente Nacional Antifascista), Acera del Louvre (Parque central), La Havane, 1945

Centre d’Art, Port-au-Prince, 1946

The Cuban Painter Wifredo Lam, Twenty Drawings, The London Gallery Bookshop, Londres, 1946

Lam, Centre d’art Galerie, Port au Prince, Haïti, 1946

The Cuban Painter Wifredo Lam, The London Gallery, Londres, 1946

Lam : Obras Recientes 1950, Parque Central, La Havane, 1950

Wifredo Lam, Musée des beaux-arts de Caracas, 1955

Wifredo Lam, Kestnergesellschaft, Hannovre, 1967 ; Stedelijk Museum, Amsterdam ; Moderna Museet, Stockholm ; Palais des Beaux-Arts, Bruxelles

Wifredo Lam, Galerie Krugier, Genève,1970

Wifredo Lam, Ordrupgaard de Copenhag, Charlottenlund (Danemark) ; Centre d’art Henie Onstad, Oslo, 1977

Homenaje a Wifredo Lam 1902-1982, Museo Nacional de Arte Contemporaneo, Madrid ; Musée d’Ixelles, Bruxelles ; Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris, Paris, 1982

Wifredo Lam, œuvres de Cuba, Maison de l’Amérique latine, Paris, 1989

Wifredo Lam : De regreso al caribe, Instituto de Cultura, Corinne Timsit International Galeries, San Juan Puerto Rico, 1992

Wifredo Lam: A Retrospective of Works on Paper, Americas Society, New York ; Fundació La Caixa, Barcelone ; Museo Nacional Centro de Arte Reina Sofia, Madrid ; Fundació Miro, Barcelone,1993

Lam métis, Fondation Dapper, Paris, 2001

Wifredo Lam: The Changing Image, Centennial Exhibition, Yokohama Museum of Art, Yokohama, 2003

Wifredo Lam et les poètes, Musée Campredon, Maison René Char, L’Isle sur la Sorgue, 2005

Wifredo Lam in North America, Haggerty Museum of Art, Marquette University, Milwaukee ; Miami Art Museum, Miami ; Museum of Latin American Art, Long Beach, 2008

Wifredo Lam, gravuras, Caixa Cultural de Rio de Janeiro, Rio de Janeiro ; Pinacoteca do Estado, São Paulo, 2010

Wifredo Lam 1902-1982 : Voyages entre caraïbes et avant-gardes, Musée des Beaux-Arts de Nantes, 2010

Césaire, Lam, Picasso, Nous nous sommes trouvés, Galerie nationales du Grand Palais, Paris ; Fondation Clément, Le François (Martinique), 2013

Wifredo Lam, Imagining New Worlds, McMullen Museum of Art, Boston ; High Museum of Art, Atlanta, 2015

Wifredo Lam, rétrospective itinérante : Musée national d’Art moderne – Centre Pompidou, Paris ; Museo Nacional Centro de Arte Reina Sofia, Madrid ; Tate Modern, Londres

Bibliographie (sélection)

Bibliographie (sélection)

Fernando Ortiz, Wifredo Lam y su obra vista a través de significados críticos. La Habana, Publicaciones del Ministerio de Educación, 1950

Jacques Chartier, Lam, Paris, Georges Fall, Musée de Poche,1960

Michel Leiris, Wifredo Lam. Milano, New York, Harry N. Abrams, 1972

Yvon Taillandier, Wifredo Lam : dessins, Paris, Denoël, 1970

Alain Jouffroy, Lam, Paris, Georges Fall, Bibli-Opus, 1972

Gérard Xuriguera, Wifredo Lam, Paris, Filipacchi, 1974

Alain Jouffroy, Le nouveau Nouveau monde de Lam. Pollenza-Macerata, La Nuova Foglio-Altrouno, 1975

Philippe Soupault, Wifredo Lam. Paris, Galilée-Dutrou, 1975

Max-Pol Fouchet, Wifredo Lam, Barcelona/Paris, Poligrafa/Cercle d’Art, 1976 ; New York : Rizzoli International Publishers, 1978. Abridged Czech. ed. Odeon, 1988. Abridged Eng. ed. Barcelona, Poligrafa,1989

Sebastià Gasch, Wifredo Lam a París, Barcelona, Poligrafa/Galería Joan Prats, 1976

Lucien Curzi, Wifredo Lam, Bologne, Edizioni Bora, 1978

Helena H. Benitez, Wifredo Lam : Interlude Marseille, Copenhague, Bløndal, 1993

Dominique Tonneau-Ryckelynck en collaboration avec Pascaline Dron, Wifredo Lam, oeuvre gravé et lithographié, Catalogue Raisonné, Gravelines, Éditions du Musée de Gravelines, 1994

Lou Laurin-Lam, Wifredo Lam Catalogue Raisonné of the Painted Work, Vol. I 1923-1960. Lausanne, Acatos, 1996

Helena Benitez, Wilfredo and Helena, My Life with Wifredo Lam, 1939-1950, Lausanne, Acatos, 1999

José Manuel Noceda Fernández, Wifredo Lam, la cosecha de un brujo, La Havane, Editorial Letras Cubanas, 2002

Jacques Leenhardt, Lam, Paris, HC Editions, 2009

Peggy Vergara, Wifredo Lam et l’éternel féminin, Paris, L’Harmattan, 2015

Eskil Lam, Dorota Dolega-Ritter, Dominique Tonneau-Ryckelynck, Lam. Catalogue Raisonné. Prints Estampes Gráfica, Paris, HC Éditions, 2016

Catherine David (sous la direction de), Wifredo Lam, catalogue d’exposition, Musée d’Art moderne-Centre Pompidou, Paris, Éditions du Centre Pompidou, 2015