Au coeur des abstractions
Marie Raymond et ses amis

Musée de Tessé du Mans
Du 10 avril au 19 septembre 2021

Marie Raymond dans son atelier, Paris, 1948 ca.
Photo : J. Bokma – E. De Vrie

Marie Raymond est connue pour être la mère d’Yves Klein, mais elle fut aussi une artiste à l’avant-garde de son temps. Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, elle est avec Hans Hartung, Pierre Soulages et Gérard Schneider, une des rares femmes peintres qui fait le choix de l’abstraction pure contre les partisans de la figuration.
En 1949, elle expose à la galerie Colette Allendy aux côtés de Jean Deyrolle, d’Émile Gilioli, de Pierre Soulages et d’Hans Hartung. Sur la scène artistique parisienne, elle est une artiste reconnue et une personnalité incontournable qui incarne les enjeux du renouveau de la peinture après 1945. Outre son activité de peintre, elle organise entre 1946 et 1954, dans son appartement-atelier de la rue d’Assas à Paris, les « lundis de Marie Raymond » qui réunissent ses amis peintres, artistes, critiques d’art, galeristes, photographes, écrivains, directeurs de musée et collectionneurs.

L’exposition Au cœur des abstractions, Marie Raymond et ses amis, confronte pour la première fois l’œuvre de Marie Raymond à celle de ses amis artistes qui partagent cette même conception novatrice de la peinture abstraite. Figurent ainsi dans l’exposition des œuvres historiques de Pierre Soulages, d’Hans Hartung, de Gérard Schneider, de Jean Dewasne, de César Domela, de Youla Chapoval, de Camille Bryen ou encore de Nicolas de Staël. À la lumière du parcours singulier de Marie Raymond et de ses amitiés, l’exposition brosse un panorama renouvelé de l’art abstrait à Paris au tournant des années cinquante.

En tant que mère d’Yves Klein, Marie Raymond est également au contact des artistes de la jeune génération qui font partie des amis de son fils et qui forment au début des années soixante le groupe des Nouveaux Réalistes. Attentive à leurs recherches artistiques, elle les soutient et les convie à ses célèbres « lundis » où se croisent ainsi deux générations d’artistes qui ont joué un rôle majeur dans l’histoire de l’art du XXe siècle. L’exposition est  l’occasion de montrer les œuvres de jeunesse d’Yves Klein, de Jacques Villeglé, de Raymond Hains, de César et de Jean Tinguely qui entendent remettre en cause les principes de l’art abstrait qui triomphe au même moment à Paris.

À travers ces confrontations inédites entre deux générations d’artistes majeurs du XXe siècle, l’exposition propose une relecture inattendue de l’art de la scène artistique parisienne de l’entre-deux-guerres aux années soixante. En analysant la place historique de Marie Raymond, elle révèle les continuités et les ruptures qui ont façonné l’évolution de l’art abstrait et contemporain au cours de la seconde moitié du XXe siècle. En présentant les diverses personnalités qui composent les réseaux d’amitiés de Marie Raymond, l’exposition met également en lumière la réception de ces nouvelles formes de  création artistique à travers notamment le rôle décisif des critiques d’art, des galeristes, et des collectionneurs tels Gildas Fardel, Charles Estienne, Georges Boudaille ou encore Pierre Restany qui comptaient parmi les invités des « lundis de Marie Raymond ».

L’exposition est organisée sous le commissariat scientifique de Victor Vanoosten en collaboration avec Christian Demare. Elle résulte d’un important travail de recherche mené en collaboration avec Yves Amu Klein à partir des archives personnelles de Marie Raymond et de celles conservées par les héritiers de ses amis. Elle rassemble environ soixante-dix oeuvres (peintures, dessins, sculptures, films) réalisées par une vingtaine d’artistes et provenant des collections publiques et privées françaises.

L’exposition offre ainsi l’opportunité de redécouvrir le parcours original d’une des principales femmes artistes de l’abstraction parisienne des années cinquante et de proposer à travers ses amitiés artistiques et personnelles une relecture inédite de cette page essentielle de l’histoire de l’art du XXe siècle.

Liste des artistes présentés dans l’exposition aux côtés de Marie Raymond :

Arman, Christine Boumeester, Camille Bryen, César, Serge Charchoune, Albert Chubac, Youla Chapoval, Jean Deyrolle, Jean Dewasne, César Domela, Émile Gilioli, Henri Goetz, Roberta Gonzalez, Raymond Hains, Hans Hartung, Yves Klein, Serge Poliakoff, Day Schnabel, Gérard Schneider, Pierre Soulages, Nicolas de Staël, Jean Tinguely, Jacques Villeglé, Sophie Warburg dite Nicolaas Warb.

Parcours de l’exposition :

1 – Marie Raymond, une femme artiste
Aux côtés du peintre néerlandais Fred Klein qu’elle épouse en 1926 et qui pratique tout au long de sa vie une peinture figurative et décorative, Marie Raymond trace dès la fin des années trente sa propre voie en développant ses recherches picturales où elle allie surréalisme et abstraction. Pendant la guerre, installée à Cagnes-sur-Mer, elle peint des « paysages imaginaires » inspirés de l’arrière pays. À cette période, elle rencontre notamment Nicolas de Staël qui devient un ami proche.

2 – Le choix de l’abstraction
Après la Libération, Marie Raymond affirme son propre langage abstrait fondé sur l’expression de la couleur. Elle fait partie des défenseurs de l’abstraction au sein de la scène parisienne. En 1949, elle et Youla Chapoval reçoivent le Prix Kandinsky dont les précédents lauréats sont, entre autres, Jean Deyrolle, Jean Dewasne et Serge Poliakoff.

3 – Les lundis de Marie Raymond
Entre 1946 et 1954, Marie Raymond réunit tous les lundis dans son petit appartement-atelier de la rue d’Assas à Paris ses amis artistes et personnalités du milieu de l’art français et européens. Les « lundis de Marie Raymond » sont un lieu de rencontre et d’échange essentiel de la scène parisienne de l’après guerre qui rassemble les peintres Hans Hartung, Gérard Schneider, Pierre Soulages, César Doméla, auxquels s’ajoutent les critiques d’art, Charles Estienne, Georges Boudaille, Pierre Restany, la galeriste, Colette Allendy, Iris Clert, des collectionneurs, tel Gildas Fardel, des directeurs de musées, tel Willem Sandberg.

4 –1950, l’abstraction à Paris autour de la galerie Colette Allendy
En 1949, 1950 et 1956, Marie Raymond fait partie des artistes exposés à la galerie Colette Allendy qui est une des premières à soutenir les artistes abstraits. En 1950, l’exposition Peintures et sculptures abstraites présente des œuvres de Jean Deyrolle, Émile Gilioli, Hans Hartung, Jean Leppien, Marie Raymond, Day Schnabel, Gérard Schneider et Pierre Soulages. À travers les choix avantgardistes de Colette Allendy et son amitié pour Marie Raymond, se dessine le panorama de l’abstraction parisienne qui triomphe sur la scène internationale au cours des années cinquante.

5 – Marie Raymond, soutien de la jeune génération
En tant que mère d’Yves Klein, Marie Raymond accueille lors de ses « lundis » les jeunes amis de son fils, César, Jacques Villeglé, Jean Tinguely, Raymond Hains, Tinguely qui y présentent certaines de leurs œuvres. Au contact des peintres de l’abstraction, les jeunes artistes découvrent la peinture de la génération précédente par rapport à laquelle ils prennent position et développent les fondements de leur art qui donnent naissance en 1960 au Nouveau Réalisme théorisé par Pierre Restany qui faisait également partie des invités des « Lundis de Marie Raymond ».

6 – Marie Raymond, grands formats
En 1962, la mort d’Yves Klein affecte profondément Marie Raymond qui initie une nouvelle série de peintures de grands formats et de collages telles des visions imaginaires entre rêve et réalité où elle ne cesse d’explorer, jusqu’à sa disparition en 1989, le pouvoir cosmique de la couleur.

Marie Raymond par ses amis :

« Depuis des années, Marie Raymond cultive, à part du bruit général, la peinture, la litote et la discrétion. On oublie ou on feint d’oublier que Marie Raymond participa en février 1946 à la première exposition qui, depuis la Libération, ait osé présenter sous le titre Peinture abstraite. […] Elle a toujours été une coloriste d’emblée, une spécialiste, combien fine, de la matière couleur. »
Charles Estienne

« Nous aimions [la peinture] de Marie Raymond. Nous nous sommes rapprochés, après l’exposition que j’ai eue en 1949, où Marie a fait un article dans la revue hollandaise dont elle était la correspondante. On y voyait qu’elle était passionnée par le noir dans la peinture. Je me souviens du titre de l’article qui m’était consacré ; c’était Osiris est un dieu noir. »
Pierre Soulages

« C’est par l’intermédiaire d’Yves que j’ai rencontré Marie Raymond. C’était à l’occasion des lundis qu’elle organisait dans son appartement-atelier rue d’Assas à Paris. […] Dans cette ambiance du Paris d’après-guerre qui s’éveillait, ses lundis étaient pour les artistes, les amateurs d’art, les collectionneurs la possibilité de se rencontrer de façon informelle, de parler de toutes les formes d’art qui émergeaient, qui osaient. Avec Raymond Hains, nous avions même projeté une fois un film sur les affiches déchirées, ce qui était très différent de ce qu’elle faisait. »
Jacques Villeglé

ARTEOS EXPOSITIONS

L’exposition Au coeur des abstractions, Marie Raymond et ses amis, est organisée en partenariat avec Arteos Expositions. Créé en 2016 par Victor Vanoosten, Arteos Expositions organise en collaboration avec des musées des expositions consacrées à l’art du XXe et XXIe siècle.

Le musée de Tessé a précédemment collaboré avec Arteos Exposition lors de la rétrospective Cobra, la couleur spontanée qui réunissait au Mans de novembre 2017 à février 2018 la plupart des membres du groupe Cobra. Cette exposition conçue en coopération avec le Musée de Pont-Aven où elle fut présentée de mars à juin 2018, était accompagnée de la publication du livre, Cobra, une explosion artistique et poétique au cœur du XXe siècle, (304 pages) réalisé sous la direction de Victor Vanoosten

Au coeur des abstractions, Marie Raymond et ses amis

Auteur : Victor Vanoosten
Format : 21 x 27 cm
Relié
208 pages
250 illustrations
Langue : français
ISBN : 9791096854066
Dépôt légal : avril 2021
Prix public France : 25 Euros TTC
Diffusion & distribution : BLDD – L’Entre Livre Diffusion

Cette édition accompagne l’exposition Au cœur des abstractions, Marie Raymond et ses amis, présentée au musée des beaux-arts du Mans du 10 avril au 19 septembre 2021.

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